Paradis fiscaux et judiciaires

La droite essaye de mouiller Jospin et Gayssot

mercredi 6 juin 2007

La droite essaye de mouiller Jospin et Gayssot

Le gouvernement socialiste avait accordé 60 millions d’euros à Air Lib en 2002.

Par Renaud LECADRE

QUOTIDIEN : mercredi 6 juin 2007

En marge du procès Air Lib et en pleine campagne législative, des députés UMP (comme Lionel Luca et Patrick Ollier) sont tentés de politiser l’affaire en mettant en cause ­ rétrospectivement ­ le gouvernement Jospin. En charge, début 2003, d’une commission d’enquête parlementaire sur la faillite de la compagnie aérienne, ils avaient transmis leur rapport final au parquet, non sans avoir tenté d’incriminer les socialistes précédemment au pouvoir. Un an plus tôt, à l’initiative de Jean-Claude Gayssot, ministre communiste des Transports, les pouvoirs publics avaient en effet accordé un prêt de 30 millions d’euros à Air Lib, tout juste reprise par Jean-Charles Corbet. Comme de coutume, le ministère des Finances, alors incarné par Laurent Fabius, s’y était opposé au motif que ce « prêt ne ferait que repousser artificiellement la cessation de paiement ». Après arbitrage de Lionel Jospin à Matignon, la compagnie aérienne privée aura ses 30 millions d’argent public ­ et autant sous forme de moratoire sur ses dettes fiscales et sociales. C’est l’ardoise jospinienne d’Air Lib : 60 millions d’euros.

3 200 emplois. Le gouvernement Raffarin ne fera guère mieux : sous son règne, la facture publique d’Air Lib va doubler (reconduction du prêt, triplement de l’ardoise fiscale et sociale). Avec pour seule consolation d’avoir finalement arrêté les frais en février 2003, entraînant la liquidation judiciaire d’Air Lib. Dominique Bussereau, ministre UMP des Tranports, dit avoir tenté « jusqu’au bout » de sauver les 3 200 emplois de la compagnie aérienne, permettant à Gayssot d’ironiser : « Si j’ai été léger, mes successeurs ont été ultralégers. »

Un million d’euros. Ces passes d’armes politiques masquent l’essentiel : l’intérêt personnel de Jean-Charles Corbet. Dès la première année de la reprise, il encaisse 1 million d’euros (un quart sous forme de salaire, trois quarts sous forme de parachute de bienvenue, dit golden hello ). Puis semble prendre un malin plaisir à gaspiller les 150 millions versés par Swissair, ancienne maison mère, afin d’assurer la pérennité d’Air Lib : 7 millions versés à une banque d’affaires canadienne, CIBC, en vue de rameuter de nouveaux actionnaires, ­ elle n’en ramènera aucun ; 9 millions d’euros versés à un cabinet d’avocats suisse en vue d’attaquer Swissair en justice ­ une chimère, puisque la compagnie suisse a elle-même fait faillite.

Corbet plaide l’incompétence. Mais d’aucuns ont pu y voir malice ­ l’expert des syndicats évoquant même un « moyen de constituer une caisse noire pour l’avenir » et tentent d’impliquer Gayssot. En vain, ce dernier n’aurait fait qu’assister à des corridas et autres matchs de rugby avec Corbet.

© Libération

Publié avec l’aimable autorisation du journal Libération.

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