Paradis fiscaux et judiciaires

La campagne israélienne du sulfureux Gaydamak

vendredi 25 mai 2007

La campagne israélienne du sulfureux Gaydamak

De notre correspondant à Jérusalem

PATRICK SAINT-PAUL.

Publié le 25 mai 2007

Actualisé le 25 mai 2007 : 08h18

Marchand d’armes impliqué dans l’Angolagate tire à boulets rouges sur la classe politique de son pays d’adoption.

LES MÉDIAS israéliens ne l’appellent plus que « Citizen Gaydamak ». Le magnat d’origine russe, Arkadi Gaydamak, qui surfe sur la vague d’impopularité de la classe dirigeante israélienne pour s’acheter une respectabilité, exerce sur eux un mélange de dégoût et de fascination. Sa popularité est perçue comme le symptôme de la crise morale que traverse le pays, dont la classe politique est discréditée par les affaires. Principale cible de ses attaques, le premier ministre, Ehoud Olmert, est entré en guerre contre le milliardaire russe.

Gaydamak entendait utiliser les malheurs des habitants de Sderot, traumatisés par les pluies de roquettes palestiniennes tirées depuis la bande de Gaza, pour lancer une nouvelle campagne contre le gouvernement en installant un camp de tentes pour les réfugiés de la ville à Jérusalem. Les habitants de Sderot réclament une offensive terrestre à Gaza, pour mettre un terme aux tirs de roquettes. Ils reprochent au gouvernement de ne pas se mobiliser assez rapidement pour leur construire des abris, ni pour leur offrir des séjours leur permettant de souffler à l’écart des bombes.

Le milliardaire envoie des bus pour les évacuer et leur offrir des séjours très médiatisés sous le soleil d’Eilat. Durant la deuxième guerre du Liban, qui a opposé l’été dernier Israël au Hezbollah, il avait déjà organisé un immense camp de vacances au sud de Tel-Aviv, pour accueillir dans des tentes des milliers d’habitants de Galilée visés par des tirs de roquettes. Mais sa « générosité » est devenue encombrante. Olmert a donné des ordres, pour interdire que les tentes de Gaydamak ne soient plantées, à quelques centaines de mètres de la Knesset. « Le ministère de la Défense a offert à 1 000 habitants de Sderot des séjours dans des hôtels pour prendre l’air. Nous n’avons pas besoin de solutions improvisées indignes », argue le bureau du premier ministre, qui a aussi tenté d’interdire l’installation de la ville de tentes à Tel-Aviv. Gaydamak y a loué un terrain privé pour installer sa ville provisoire.

De leur côté, les habitants de Sderot sont sans illusions sur les intentions de Gaydamak, ce qui ne les empêche pas de le soutenir. « Gaydamak dégouline d’argent à la provenance douteuse. Il a décidé de nous aider pour se faire de la publicité. Mais il est le seul qui s’occupe réellement de nous », affirme une jeune mère de famille, qui a envoyé ses enfants dans un bus affrété par le milliardaire. Gaydamak a bâti sa fortune essentiellement dans les ventes d’armes. Il fait depuis décembre 2000 l’objet d’un mandat d’arrêt international dans le cadre de l’« Angolagate », une affaire de trafic d’armes avec l’Angola dans laquelle est impliqué Jean-Christophe Mitterrand. Il a échappé pour l’instant à une inculpation dans une affaire de blanchiment d’argent en Israël.

La mairie de Jérusalem comme tremplin

Gaydamak tire à boulets rouges sur la classe politique israélienne. Il juge que « les ministres ne sont pas assez intelligents ». Il appelle Olmert à la démission en raison des ratés de la guerre du Liban. Il affirme que le ministre de la Défense travailliste, Amir Péretz, a tout juste le niveau pour être chauffeur de taxi. « Ses critiques sont une honte pour nous », avance le député travailliste Ophir Pines. « Ce n’est pas Gaydamak, qui a corrompu les valeurs de notre État. La corruption existe déjà et le terrain est fertile pour qu’il s’enracine », tranche le quotidien de gauche Haaretz.

Gaydamak ne fait plus mystère de ses ambitions politiques. Il parle un hébreu très hésitant, mais ce handicap n’affecte pas sa popularité en Israël. Il vise la mairie de Jérusalem, où il est bien implanté grâce à l’acquisition du Beitar, le très populaire club de football de Jérusalem et de l’équipe de basket-ball de Hapoel Jérusalem. Il voit la Ville sainte comme un tremplin, car il cultive des ambitions nationales.

© Le Figaro

Publié avec l’aimable autorisation du journal Le Figaro.

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