Paradis fiscaux et judiciaires

Une fuite révèle le goût d’UBS et Credit Suisse pour les Bahamas

mercredi 21 septembre 2016 par marieagnes

Une fuite révèle le goût d’UBS et Credit Suisse pour les Bahamas

Alexandre Haederli et Christian Brönnimann 21.09.2016

Bahamas Leaks Les deux banques font partie des plus gros créateurs de sociétés boîte aux lettres ces dernières décennies. Et elles sont toujours très actives.

A une heure de vol seulement de Miami, les Bahamas offrent sable et palmiers, mais aussi discrétion et confidentialité. Ce qui vaut à la place financière d’y avoir mauvaise réputation. Le GAFI, un organisme international de lutte contre le blanchiment, a constaté en 2014 des manquements en matière de surveillance et de gestion des risques.

Aujourd’hui, une fuite de données provenant du Registre du commerce local dévoile les prestataires financiers les plus actifs aux Bahamas. Ces 25 dernières années, des centaines de banques, cabinets d’avocats et fiduciaires y ont créé des sociétés et servi d’intermédiaire entre leurs clients et les autorités bahamiennes. UBS et Credit Suisse figurent tout en haut du classement.

Depuis 1990, plus de 175 000 sociétés ont été enregistrées aux Bahamas. Plus d’une sur dix l’a été par UBS ou Credit Suisse. Les deux banques suisses, ou leurs filiales, ont créé plus de 9500 sociétés chacune. Ce qui leur vaut de figurer à la deuxième et la troisième place des plus gros utilisateurs de sociétés aux Bahamas. La première place est trustée par Mossack Fonseca, le cabinet d’avocats au cœur des Panama Papers.

Pic spectaculaire en 2005

L’activité des banques suisses a connu un pic spectaculaire en 2004 et 2005, juste avant l’entrée en vigueur du premier accord sur la fiscalité de l’épargne entre la Suisse et l’Union européenne. Pour échapper à cette taxe, beaucoup de clients étrangers ont choisi de transférer leur argent en Suisse au nom d’une société offshore. Durant cette période, 37% des nouvelles sociétés aux Bahamas ont été créées par un intermédiaire suisse. Parmi les banques qui ont été ou sont toujours actives, bien qu’à un niveau nettement moins élevé, figurent Pictet, Julius Bär et Lombard Odier.

Une société offshore n’est pas illégale en soi et peut avoir des buts légitimes dans le domaine de la gestion de fortune par exemple. Mais elle peut aussi servir à frauder le fisc ou blanchir de l’argent.

Ces dernières années, certains établissements suisses ont cessé de créer des sociétés aux Bahamas. Parmi eux, Julius Bär et la filiale suisse de Crédit agricole. La maison mère de cette dernière a décidé dès 2010 de se retirer de tous les paradis fiscaux non coopératifs. A l’inverse, UBS et Credit Suisse figurent toujours en 2015 dans le top 3 des intermédiaires ayant installé le plus de sociétés bahamiennes. Lire la suite.


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