Paradis fiscaux et judiciaires

Des crédits accordés au Mozambique interrogent

jeudi 8 décembre 2016 par marieagnes

Des crédits accordés au Mozambique interrogent

Suisse Credit Suisse a accepté de délivrer des crédits de 1,04 milliard de dollars qui auraient servis à l’achat d’armes.

08.12.2016

Credit Suisse fait face à des critiques en raison de deux crédits d’un montant total d’un milliard de dollars octroyés au Mozambique. Dans une lettre ouverte, l’organisation Contrepoint demande des explications sur ces opérations qui affectent la solvabilité de l’un des pays les plus pauvres du monde.

En 2013, alors que pour la première fois depuis la fin de la guerre civile, des affrontements reprennent entre le parti au pouvoir Frelimo et le parti Renamo, Credit Suisse à Londres et la banque russe VTB accordent des crédits de 2,2 milliards de dollars au Mozambique, selon la lettre ouverte de Contrepoint publiée jeudi dans la Wochenzeitung (WOZ) et vendredi par Domaine public.

Credit Suisse participe à deux crédits d’un montant total de 1,04 milliard de dollars. La moitié du montant alloué par la banque doit servir à financer une entreprise de pêche. L’autre partie est destinée à une société spécialisée dans la protection des côtes.

Les sommes versées bénéficient d’une garantie de l’Etat, sans décision du Parlement, contrairement aux exigences de la constitution du Mozambique, dénonce l’association. Ni l’opinion publie nationale et internationale, ni le FMI, ni la Banque mondiale ne sont informés de l’opération.

Aide gelée

Les crédits sont découverts en 2016, après la conversion partielle des dettes du Mozambique. Ils ont vraisemblablement été en partie utilisés pour des achats d’armes. Neuf cents millions de dollars ont disparu. Quatorze pays occidentaux, dont la Suisse, gèlent alors leur aide. Le FMI, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement suspendent leurs paiements.

Les crédits en question entraînent une augmentation de la dette du Mozambique de 20%. En octobre, le pays se déclare insolvable.

En Suisse, l’Autorité de surveillance des marchés financiers (FINMA) enquête sur le rôle de Credit Suisse depuis sept mois. Le FMI a lancé un audit. Une enquête est aussi ouverte en Grande-Bretagne.

Surveillance négligée

Dans sa lettre ouverte, Contrepoint - le Conseil pour la politique économique et sociale - estime que le numéro deux bancaire helvétique n’a pas exercé ses obligations de surveillance. Il lui demande si l’octroi de ces crédits a été lié à des affectations précises excluant l’achat d’armes. Le Mozambique est un pays prioritaire pour la coopération suisse d’aide au développement.

Le Conseil fédéral a aussi été interpellé sur cette affaire de crédits. Interrogé par l’ats, Credit Suisse n’a pas pris position.

Contrepoint se décrit comme une association politiquement et économiquement indépendante pour un développement durable et social de l’économie suisse composée de chercheurs et d’enseignants des facultés des sciences économiques et sociales des hautes écoles suisses. La lettre a été signée par 50 personnalités des sciences, de l’aide au développement et de la politique.

(ats/nxp)

(Créé : 08.12.2016, 17h28)


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