Paradis fiscaux et judiciaires

Biens mal acquis : pour la première fois, un fils de dictateur en procès à Paris

jeudi 15 décembre 2016 par marieagnes

Biens mal acquis : pour la première fois, un fils de dictateur en procès à Paris

REPLAY - Le 2 janvier prochain, Téodorin Obiang, le fils du président équato-guinéen, doit comparaître pour corruption et détournement de fonds publics.

par Rémi Sulmont , Loïc Farge publié le 15/12/2016 à 11:52

C’est un procès exemplaire qui sera suivi par tous dictateurs de la planète. Et les enfants de dictateurs. C’est l’aboutissement d’une interminable procédure lancée il y a dix ans. La procédure des "biens mal acquis" a donné lieu à l’une d’une des perquisitions les plus incroyables que des enquêteurs français aient eu à mener, tellement le magot du fils du dictateur équato-guinéen est dément. Sa fortune est estimée à 600 millions d’euros.

Lors de ses séjours parisiens, Téodorin Obiang logeait dans les palaces. Il a laissé en espèces 580.000 euros au Crillon en cinq ans. Après, il s’est acheté un hôtel particulier ("très exceptionnel", écrivent les juges d’instruction), situé avenue Foch, pas loin de la place de l’Étoile. Six étages, une salle de sport, un hammam, une discothèque privée, un salon de coiffure et une robinetterie en or. Superficie : 5.000 mètres carrés. Au total : 101 pièces refaites à neuf pour 12 millions de travaux.
Il a tenté en vain d’échapper à la justice

Tout cela a été payé par le détournement de l’énorme rente pétrolière de la Guinée Équatoriale, par l’intermédiaire notamment d’une filiale de la Société Générale, témoin assisté dans la procédure. Pour ses déplacements, le fiston fêtard du président, 47 ans, avait l’embarras du choix puisqu’il possédait un parc automobile "hors du commun" (toujours selon les juges). L’inventaire est sans fin : Maserati, Rolls Royce, Bentley, Ferrari, Aston Martin. Et on en oublie.

Sauf énorme surprise, le fils Obiang ne viendra pas à son procès début janvier. Il ne rend plus en France. Pour échapper à la justice, il a tout tenté. Du jour au lendemain, l’hôtel particulier est devenu l’ambassade de Guinée Équatoriale pour éviter une saisie. En vain. Obiang junior était ministre. Son père président l’a nommé vice-président de la Guinée Équatoriale pour renforcer son immunité. En vain. Il a été mis en examen par vidéoconférence. Lire la suite.


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