Paradis fiscaux et judiciaires

La finance suisse cible le Luxembourg

vendredi 16 décembre 2016 par marieagnes

La finance suisse cible le Luxembourg

Investissements Les holdings helvétiques ont délaissé l’an dernier les Caraïbes. Pour redécouvrir les charmes du grand-duché.

Adieu les cocotiers, bonjour l’ambiance aussi sérieuse qu’ennuyeuse du Luxembourg. La moisson de chiffres liée à la publication, par la Banque nationale suisse (BNS), de son rapport annuel sur les investissements directs, révèle bien des surprises. C’est à coups de dizaines de milliards de francs que les flux financiers migrent d’un pays à l’autre. Et ce sont les firmes financières et les holdings qui mènent le jeu.

En 2015, les entreprises domiciliées en Suisse ont investi 100 milliards de francs à l’étranger. Ces investissements directs ont été réalisés pour plus de la moitié (54 milliards de francs, contre 3 milliards en 2014) par les sociétés financières et les holdings, rapporte la BNS. L’Europe se taille la part du lion : 77 milliards de francs investis par les firmes helvétiques. Quant aux stocks d’investissements directs à l’étranger, ils ont augmenté de 47 milliards, pour atteindre 1121 milliards de francs. La progression a été de 4%. « Cette croissance résulte des flux d’investissements directs et de pertes de change enregistrées à la suite de la suppression du cours plancher par la Banque nationale », indique l’institut d’émission.

Attractifs Pays-Bas

Les Etats-Unis sont le pays qui héberge le plus d’investissements directs suisses : leur valeur atteint – à fin de l’année 2015 – 205 milliards de francs. L’évolution est stable, légèrement en hausse. La place financière du Luxembourg en recueille 137 milliards et les paradis fiscaux des Caraïbes (Panama, îles Vierges britanniques, Bahamas, îles Caïmans, etc.) 123 milliards, juste avant les Pays-Bas, qui octroient des conditions avantageuses aux holdings.

Mais, alors que les capitaux investis au Luxembourg ont bondi de 40 milliards de francs en deux ans, les paradis des Caraïbes semblent délaissés : en un an, une chute de 36 milliards a été enregistrée. Tout indique que la publication, cette année, des Panama Papers devrait accélérer la tendance. Quant à la ruée vers le grand-duché du Luxembourg, elle s’explique sans doute par l’accès que celui-ci permet aux marchés européens, en attendant que les relations entre la Suisse et l’Union européenne se dégèlent.

La France et le Canada sont ensuite les deux grands pays industriels à enregistrer les plus gros investissements des firmes suisses, avec respectivement 47 et 41,5 milliards de francs.

Etats-Unis en tête

Dans l’autre sens, de l’étranger vers la Suisse, les flux sont aussi à mettre sur le compte de la finance et des holdings : 68 milliards de francs ont été investis en Suisse en 2015, dont 44 milliards dans des sociétés financières et holdings, indique la BNS. Les stocks d’investissements directs étrangers en Suisse ont augmenté de 62 milliards, s’établissant à 833 milliards de francs (+8%).

Les Etats-Unis sont massivement présents : 307 milliards à eux seuls, suivis par les Pays-Bas (65 milliards), la France (43 milliards), le Canada (37 milliards) et l’Allemagne (près de 33 milliards). La Chine pourrait bientôt bousculer ce classement si le géant Chem China parvient à racheter – pour 43 milliards – le groupe agrochimique bâlois Syngenta.

(24 heures)
(Créé : 16.12.2016, 13h28)


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