Paradis fiscaux et judiciaires

La piste d’un pacte de corruption scellé en Mongolie passe par la Suisse

mardi 10 janvier 2017 par marieagnes

La piste d’un pacte de corruption scellé en Mongolie passe par la Suisse

Blanchiment Un consortium d’avocats s’intéresse aux comptes cachés de l’ancien ministre des Finances.

Par Alain Jourdan Mis à jour le 10/01/2017

Le combat que mènent Tsedev Tuyatsetseg et Tseren Enebish en Mongolie contre la corruption pourrait bien rebondir prochainement en Suisse. L’avocate et la militante écologiste qui représentent l’association Mongole des avocats en faveur de l’environnement (AEL) ont fait récemment un aller-retour entre Oulan-Bator, Genève et Berne pour remonter la trace de l’argent empoché par l’ancien ministre des Finances, Bayartsogt Sangajav, aujourd’hui porte-parole du parlement. En avril 2013, le nom de l’intéressé figurait sur la liste des détenteurs de comptes cachés dans les paradis fiscaux dévoilés par le Consortium de journalistes d’investigation (CJI). Pris la main dans le sac, le responsable politique reconnaissait avoir commis une faute. Seulement l’excuse ne vaut pas explication. Créé par le biais d’un compte en Suisse « Legend Plus Capital ltd » dont il est l’ayant droit se trouve crédité de sommes importantes dont il se garde de détailler la provenance. L’association Mongole des avocats en faveur de l’environnement fait vite le rapprochement entre cet argent et la signature d’un important contrat minier avec le groupe Rio Tinto. Elle constate une troublante concomitance de date. Le 6 octobre 2009, Bayartsogt Sangajav qui est alors ministre des Finances cosigne avec deux autres ministres un accord extrêmement controversé avec le géant minier. Le 27 octobre 2009, trois semaines plus tard, son compte au Crédit Suisse à Zurich est crédité d’une somme de 9,2 millions de dollars. Pour l’AEL, il ne fait aucun doute que cette somme correspond à des pots-de-vin. Reste à la prouver. En Mongolie, l’autorité anticorruption a bien été saisie dans la foulée de la publication des offshoreleaks en 2013 mais la justice du pays n’est pas encore entrée en matière. Le procureur général en charge du dossier n’a pas transmis de commission rogatoire aux autorités suisses. L’affaire serait-elle à ce point si sensible ? Lire la suite.


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