Paradis fiscaux et judiciaires

Amon contre Amon : grand déballage sur le Rocher

samedi 25 février 2017 par marieagnes

Amon contre Amon : grand déballage sur le Rocher

Alexis Favre
Publié vendredi 24 février 2017 à 21:05.

Héritier du groupe Sicpa, le Vaudois Maurice Amon et son épouse Tracey sont en instance de divorce depuis 2015. La guerre que le couple se livre entre New York et Monaco jette une lumière crue sur les moeurs de la jet-set internationale et la mécanique de l’exil fiscal.

Ils vivent entre Paris, New York, Gstaad et Monaco. Partout et nulle part. Ils collectionnent les toiles de maîtres, fréquentent les foires d’art contemporain et les soirées mondaines, se déplacent en jet privé. Bienvenue dans l’univers hors-sol de la jet-set internationale. Un cercle fermé dont le train de vie nourrit tous les fantasmes. De cette caste, on ne connaît d’ordinaire que le faste ostentatoire. Celui qu’elle veut bien montrer, sur papier glacé. Les coulisses et les secrets de cuisine restent, eux, à l’abri des regards. A moins qu’un divorce haut en couleur ne vienne lever un coin du voile. En obligeant ses protagonistes à montrer patte blanche devant les tribunaux, c’est-à-dire au grand jour si les choses s’enlisent.

Ce divorce, c’est celui du couple Amon. Après huit ans de mariage, Maurice Amon, 66 ans, héritier et ancien dirigeant du groupe Sicpa, fleuron de l’industrie vaudoise, a décidé de se séparer de son épouse, Tracey Hejailan-Amon, 48 ans, rencontrée en 2007 à Gstaad, le soir du réveillon. Officiellement résident monégasque depuis 2011, c’est sur le Rocher qu’il a déposé sa demande de divorce, en octobre 2015. Seulement voilà. Craignant pour ses intérêts, Madame a contesté la compétence des juges de la Principauté et tenté de porter – sans succès jusqu’ici – son divorce devant la juridiction new-yorkaise, où elle considère être domiciliée. Il n’en fallait pas plus pour que la presse à scandale anglo-saxonne s’invite dans ce qui devient un feuilleton transatlantique.

Un feuilleton dont l’enjeu se mesure en dizaine de millions de dollars. Malgré une réforme en 2007 visant à moderniser le droit du divorce à Monaco, celui-ci resterait désavantageux pour Madame s’il devait s’appliquer. Comme l’écrit pudiquement le portail d’informations financières Monaco Wealth Management, au chapitre divorce : « Dans la Principauté, c’est celui des époux qui a construit le patrimoine qui jouit de la protection du droit ». En substance, le couple n’ayant pas conclu d’arrangement prénuptial particulier lors de son mariage à Hong Kong, en 2008, un divorce monégasque permettrait à Monsieur de récupérer tout ou partie des cadeaux offerts à sa femme. Or, il ressort de la procédure ouverte par Tracey Hejailan-Amon à New York que son mari lui aurait offert l’équivalent de 75 millions de dollars durant leur mariage, principalement en bijoux.

[...] En 2007, selon les dires de Madame, il se serait officiellement établi à Hong Kong, où il aurait ouvert un compte en banque et loué une chambre à l’hôtel Four Seasons. Avant de transférer sa résidence à Monaco en 2011.

Mais plusieurs éléments du dossier soulèvent des questions quant à son véritable domicile depuis qu’il a officiellement quitté la Suisse. En 2010, Maurice Amon achète un appartement de 381 m2 sur la Cinquième Avenue. Il déclare alors à la société de courtage new-yorkaise que son principal lieu de résidence est son chalet de Gstaad. Pourquoi ? La question reste pour l’heure sans réponse. Lire la suite.


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