Paradis fiscaux et judiciaires

Paradis fiscaux : les “affaires” se multiplient...

dimanche 17 juin 2007

Salves

Paradis fiscaux : les “affaires” se multiplient...

Dossier Affaires aux Paradis Fiscaux & Judiciaires

Pour ceux qui doutaient encore de l’utilisation quasi-systématique des territoires offshore par les plus grandes institutions financières, des affaires de dissimulation de comptes par l’intermédiaire de sociétés écrans domiciliées dans des paradis fiscaux, précisons qu’elles se multiplient...

Après le scandale Enron, qui floua plusieurs centaines de milliers d’actionnaires avec la complicité des plus prestigieuses banques américaines et du cabinet d’audit Arthur Andersen, les juges s’intéressent désormais aux causes de la gigantesque faillite de Parmalat, survenue en 2003. Nommé administrateur extra-ordinaire après la découverte d’un “trou” de 14,5 milliards euros, Enrico Bondi vient d’allonger la liste des respectueux établissement bancaires suspectés de s’être financés sur le dos des petits épargnants : Bank of America, Citigroup, Unicredit, Deutsche Bank, UBS, JP Morgan et Morgan Stanley, pour un montant de dommages estimé à quelque 50 milliards euros...

Autre affaire de dissimulation de comptes ayant récemment secoué les milieux financiers et politiques italiens, dans laquelle est impliqué l’actuel Gouverneur de la Banque centrale Antonio Fazio ; la Consob reproche à deux sociétés actionnaires de la banque ANTONVENETA, Banca Popolare Italiana (BPI) et Ricucci (promoteur immobilier), d’avoir utilisé deux sociétés-écrans domicilées aux îles Caîman pour dissimuler des échanges de titres.

Des paradis fiscaux également suspectés d’héberger les 440 millions de dollars mystérieusement volatilisés en août dernier de Bayou Management, un fonds de pension américain domicilié dans le Connecticut.

Outre la dissimulation frauduleuse de comptes d’entreprises, et jouant sur l’anonymat de leurs ayant-droits et l’opacité des transactions effectuées sur leur territoire, les paradis fiscaux constituent l’espace idéal pour les opérations de corruption ; pots de vin, commissions, rétro-commissions...

Après le malencontreux “oubli” de Jean-Christophe Mitterand de déclarer quelques millions d’euros placés en Suisse, c’est au tour de Jean-Charles Marchiani, ancien préfet du Var et ancien conseiller de Charles Pasqua, d’être mis en examen dans plusieurs affaires de pots de vin versés depuis 1993 ; une première liée à l’homme d’affaires libanais Iskandar Safa, dans laquelle est également impliquée Charles Pasqua, une seconde concernant un marché d’armement entre GIAT et l’allemand RENK (pour laquelle Marchiani risque 4 ans de prison) et une troisième, dont le procès vient juste de débuter, relative à un marché de tri de bagages avec Aéroports de Paris (ADP).

Au total, ces trois affaires auraient permis à l’ancien député européen de toucher près de 13 millions euros, minutieusement répartis sur six comptes suisses. On attend également avec intérêt le déballage de toutes les sociétés écrans et territoires off shore utilisés dans trois autres affaires de commissions versées par ELF pour un contrat au Nigeria de ventes d’armes à l’Angola en 1993 et de la fameuse Sofremi, à l’époque liée au ministère français de l’Intérieur.

Bref, des “paradis judiciaires” tout autant que fiscaux”...

Guillaume Olivier

Extrait de Billets d’Afrique et d’Ailleurs N°141 - Novembre 2005 -

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