Paradis fiscaux et judiciaires

Le groupe Publicis a-t-il "embelli" ses comptes ?

jeudi 18 mai 2017 par marieagnes

Le groupe Publicis a-t-il "embelli" ses comptes ?

EXCLUSIF. "L’Obs" révèle que l’entreprise, dirigée par Maurice Lévy, aurait fait un traitement comptable contestable d’un "produit exceptionnel" de 130 millions d’euros, encaissé fin 2014.

Maurice Lévy a-t-il commis une erreur d’appréciation en manquant au devoir d’information rigoureuse de ses actionnaires ? Fabrice Rémon – ancien associé de Deminor et fondateur de Gouvernance en Action, société spécialisée dans l’éthique des affaires – a saisi l’Autorité des Marchés financiers le 17 mai, sur une question de transparence financière. L’histoire, que "’Obs" révèle en exclusivité, commence en 2008 : Publicis lance alors un appel d’offres pour un "progiciel de gestion intégrée" (ERP) destiné à unifier les opérations informatiques (back-office) de ses quelque 1­500 agences dans le monde.

Objectif : avoir une meilleure vision du business et faire baisser ses coûts. Le spécialiste allemand SAP remporte ce projet stratégique de plusieurs dizaines de millions d’euros, baptisé Altaïr. L’informaticien doit adapter son produit standard aux métiers de la publicité et le déployer rapidement.

Problème : les équipes du fournisseur patinent… et avouent, début 2010, un retard de plus de trois ans. Le contrat prévoit une clause de dédommagement, plafonnée à quelques dizaines de millions d’euros, sauf en cas de grave négligence. Entre les coûts induits par le retard et les synergies non réalisées, Publicis estime avoir subi un préjudice financier beaucoup plus important.

Le litige fait alors l’objet d’une procédure d’arbitrage devant la Chambre de Commerce internationale de Paris, qui pousse les parties à s’entendre. Après d’âpres négociations, Publicis signe le 31 octobre 2014 avec SAP un accord transactionnel confidentiel,que nous avons pu consulter, prévoyant un dédommagement total de 150 millions d’euros, dont 130 millions en cash et 20 millions en crédit logiciel.

Comment cette somme aurait-elle dû être intégrée dans les comptes de Publicis ? Pour Fabrice Rémon de Gouvernance en Action, aucun doute : "Publicis devait traiter ces 130 millions comme un produit exceptionnel, car il est non récurrent, et ne provient pas de contrats gagnés dans le cadre de ses opérations." Pourtant, dans un e-mail confidentiel daté du 31 décembre 2014, l’équipe financière de Publicis donne des instructions pour que 85,6 millions d’euros soient pris dans les comptes 2014 de la holding néerlandaise Publicis Groupe Holdings BV­ : 50 millions d’euros au titre de "otheroperating income" (autre revenu opérationnel) et 35,6 millions pour déprécier certains actifs. L’affectation du solde (44,4 millions)devant être décidée ultérieurement. Il sera étalé sur 2015 et 2016. Lire la suite.


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