Paradis fiscaux et judiciaires

Vivendi et Havas unis par les gains sacrés du mariage

lundi 22 mai 2017 par marieagnes

TRANSACTION

Vivendi et Havas unis par les gains sacrés du mariage

Par Jérôme Lefilliâtre — 21 mai 2017 à 17:56

Le groupe de Vincent Bolloré va racheter celui présidé par son fils. Au-delà de la manœuvre du milliardaire afin d’éponger les dettes de la maison mère de Canal + et d’empocher des millions, il pourrait y avoir conflit d’intérêts entre un groupe de médias et de pub.

La maestria financière de Vincent Bolloré a encore parlé. Avec le rachat annoncé de Havas par Vivendi, l’homme d’affaires de 65 ans s’apprête à réaliser l’un de ces coups boursiers qui ont fait toute sa réputation et sa fortune. Le 11 mai, la maison mère de Canal + et Universal Music a dévoilé son intention d’acquérir le sixième groupe de communication mondial, un réseau d’agences publicitaires et médias de renom (BETC, Havas Paris, Arnold, Havas Media, Fullsix, les Gaulois…), qui créent des campagnes et les organisent pour le compte des marques. Montant de l’opération, portant sur 60 % du capital de Havas : 2,3 milliards d’euros. Sa particularité ? Dans l’affaire, Vincent Bolloré est à la fois l’acheteur et le vendeur. Par l’intermédiaire de son groupe personnel, le milliardaire est en effet l’actionnaire de référence de Vivendi (20,6 % du capital et 29,8 % des droits de vote), dont il préside le conseil d’administration, et l’actionnaire majoritaire de Havas (59,7 % du capital et 69,4 % des droits de vote), dirigé par son fils Yannick, 37 ans. Forcément, au moment de négocier le prix, cela aide…

Vu son caractère incestueux, cette transaction pose une question évidente : son montant correspond-il à la valeur réelle du groupe Havas ? Ou a-t-il été surévalué pour gonfler le compte en banque de la famille Bolloré ? La valorisation ne sort pas du chapeau du magnat des médias : Havas étant une société cotée, sa capitalisation boursière, variant selon les aléas des marchés, sert de niveau de référence. Validée en amont par la banque d’affaires Rothschild, l’offre de Vivendi a été arrêtée à 9,25 euros par action. Soit une prime de plus de 20 % par rapport au cours de Bourse moyen de Havas ces douze derniers mois. Un niveau élevé, mais pas totalement délirant : la coutume boursière veut que l’on surpaye légèrement une boîte qui change de propriétaire. Sauf qu’à regarder de plus près l’évolution récente du titre Havas, on se rend compte qu’il a navigué la plus grande partie de l’année 2016 autour des 7,50 euros, parfois même sous la barre des 7 euros. L’action est montée en flèche à partir de la mi-novembre, après que les dirigeants de Vivendi et Havas ont fait plusieurs déclarations évoquant le rapprochement des deux entités. De quoi alimenter la spéculation des marchés et la hausse du cours…

[...] Mais la transaction est très critiquée par les analystes financiers, qui sont nombreux à la considérer surtout à l’avantage de Bolloré. Lire la suite.


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