Paradis fiscaux et judiciaires

Démocratie : on joue mieux avec un ballon gonflé

jeudi 25 mai 2017 par marieagnes

Démocratie : on joue mieux avec un ballon gonflé

Par François-Xavier Verschave
ACTEUR DE TERRAIN
26 avril 2017

Inspiré de l’historien Fernand Braudel, François-Xavier Verschave dépeint la société politique en trois étages. La démocratie ne respire qu’à l’étage intermédiaire. Celui de la société civile. Un texte de 1999 qui n’a pas pris une ride. [1]

Certains voudraient encore subordonner aux « lois de l’économie » des débats politiques aussi cruciaux que ceux de la démocratie et de l’État. Une prétention peu soutenable. Comment oublier que l’économie est un sous-ensemble de l’anthropologie et de l’écologie, comme le résume Patrick Viveret ? À un certain niveau d’autre part, économie et politique s’enchevêtrent en une mêlée confuse. Moi-même, je suis un économiste qui crois de plus en plus à la politique (à mesure qu’elle est décriée). Si l’on s’intéresse par exemple à la terrible histoire de la faim, le récent prix Nobel d’économie Amartya Sen observe « qu’il n’y a jamais eu de famine grave dans aucun pays doté d’une forme démocratique de gouvernement et possédant une presse relativement libre[2] ». L’inégalité de plus en plus scandaleuse des revenus à l’échelle de la planète renvoie à un affaissement des instruments de régulation et à l’impuissance des appareils judiciaires nationaux, qui permettent une synergie croissante entre circuits de criminalité économique et financière et terrains de criminalité politique (dans le « tiers-monde », autant que possible). Jusqu’aux crimes de génocide ou contre l’humanité.

Tout cela n’encourage guère à l’utopie. Au contraire : l’actualité met en doute la distinction privé-public, l’existence de règles du jeu crédibles et la vitalité des contre-pouvoirs civils, bref la possibilité même de la démocratie[3]…

Pourtant, en cette période de crise du politique, le recours à l’histoire de longue période permet d’échapper à la fatalité, de trouver des repères pour un monde, sinon meilleur, du moins plus vivable. Les travaux de l’historien Fernand Braudel fournissent à cet égard comme une architecture, ou un atlas – de quoi se repérer pour mieux répondre à l’éternelle question : que faire ? Il me paraît utile d’en résumer, librement, quelques leçons avant d’en revenir à nos marges de rêve et de liberté, entre État et démocratie. Lire la suite.


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