Paradis fiscaux et judiciaires

Manuel Noriega et la France, une longue histoire

mercredi 31 mai 2017 par marieagnes

Manuel Noriega et la France, une longue histoire

Condamné par la justice française pour blanchiment d’argent de la drogue, l’ancien dictateur s’était vanté des relations nouées avec les hautes autorités du pays.

LE MONDE | 31.05.2017 à 02h35 | Par Jean-Michel Caroit (Saint-Domingue, correspondant)

Du temps de sa gloire comme après sa déchéance, l’ancien dictateur panaméen Manuel Noriega a maintenu des liens étroits avec la France. Mort à 83 ans des suites d’une tumeur cérébrale dans la nuit du lundi 29 au mardi 30 mai, il a été décoré par le gouvernement français et a investi dans l’hexagone une partie des gains de ses activités criminelles avant d’y être condamné pour blanchiment d’argent sale et emprisonné.

Le 22 janvier 1987, lorsqu’il est fait commandeur de la Légion d’honneur, Manuel Noriega est l’homme fort du Panama. Celui qu’on surnomme « Face d’ananas » en raison de son visage grêlé n’est pas élu mais commande les forces de défense de la petite république centraméricaine qu’il contrôle d’une main de fer. En France, François Mitterrand est président et la décoration lui est remise sur recommandation de Jean-Bernard Raimond, le ministre des affaires étrangères du gouvernement de Jacques Chirac.

Recruté par la CIA, l’agence de renseignement américaine, à la fin des années 1960, Manuel Noriega a pourtant noué des relations d’affaires avec le cartel de Medellin du célèbre narcotrafiquant Pablo Escobar dès 1982. Officiellement attribuée dans le cadre des « relations diplomatiques », la Légion d’honneur n’a jamais été retirée au dictateur panaméen qui a été renversé et capturé en décembre 1989 par un corps expéditionnaire de 24 000 soldats envoyés par le président américain George Bush père.

L’amitié de François Mitterrand

Interrogé dans les années 1990 dans sa prison de Miami par le juge d’instruction français Patrick Fiévet, Manuel Noriega s’est vanté d’avoir toujours entretenu « d’excellentes relations avec les plus hautes autorités françaises ». En novembre 1995, il a affirmé avoir rencontré le chef d’état-major de l’armée française, le général Lacaze, et s’être rendu en France pour y acheter du matériel militaire, des avions et des armes.

A l’appui de ses dires, il a présenté au juge des photos le montrant en compagnie de François Mitterrand et de Jeannou Lacaze. L’ancien dictateur avait aussi noué d’étroites relations avec Robert Vigouroux, alors maire de Marseille. Selon le dossier d’instruction français, Manuel Noriega a soutenu que François Mitterrand lui avait offert l’asile, à lui et à sa famille, après que les Américains l’eurent lâché.

[...] Le refus du statut de prisonnier de guerre

Renseignée en 1989 par les services américains, la direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) avait alerté la justice à propos de comptes bancaires ouverts en France par Manuel Noriega, sa femme Felicidad et ses filles à la BNP, au Crédit lyonnais et au CIC. La famille Noriega avait également acquis trois appartements de standing dans les VIIe et XVe arrondissements de Paris. La justice a estimé à 25 millions de dollars le recyclage dans plusieurs pays d’argent venant du narcotrafic. Les avoirs introduits en France par le clan Noriega ont été évalués à 50 millions de francs (7,6 millions d’euros). Les avocats français de Manuel Noriega, Me Olivier Metzner et Yves Leberquier, ont tenté sans succès de s’opposer à son extradition et à sa détention à la prison de la Santé à Paris. Selon eux, la France a violé les conventions de Genève en lui refusant le statut de prisonnier de guerre.

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