Paradis fiscaux et judiciaires

Biens mal acquis : l’incroyable fortune du fils du dictateur guinéen en procès à Paris

lundi 19 juin 2017 par marieagnes

Biens mal acquis : l’incroyable fortune du fils du dictateur guinéen en procès à Paris

Caroline Michel

Teodorin Obiang, vice-président de la Guinée équatoriale, est poursuivi pour blanchiment d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d’abus de confiance et de corruption.

Pendant une décennie, le fils d’un chef d’Etat africain a pu mener la vie de château à Paris. Il vivait dans un palace de 101 pièces avenue Foch, où l’eau coulait par des robinets en or. Dévalisait les magasins de luxe de l’avenue Montaigne. Commandait les meilleurs Romanée-Conti. Et dissimulait dans son garage l’une des plus incroyables collections de voitures de luxe.

Cet homme s’appelle Teodorin Obiang, 47 ans. Il est l’aîné des enfants de l’actuel président de la Guinée équatoriale, Teodoro Obiang, au pouvoir depuis 1979 (il a été réélu en avril avec 93,7% des voix). Cet homme est jugé à partir de ce lundi 19 juin à 13h30 par le tribunal correctionnel de Paris pour "blanchiment de corruption, de détournement de fonds publics, d’abus de biens sociaux et d’abus de confiance". Absent (il réside aujourd’hui à Malabo en Guinée), le prévenu sera représenté par son avocat français, maître Emmanuel Marsigny.

Ce procès revêt une très haute importance symbolique. Il est le premier aboutissement des procédures concernant les "biens mal acquis", lancées il y a pile dix ans par les associations Sherpa et Transparency International. Peu de monde, alors, croyait en une quelconque chance de succès. En demandant à la justice française de se prononcer sur la légalité des biens acquis en France par des roitelets africains et leur famille, c’est toute la Françafrique qu’on a ébranlée, cette diplomatie du post-colonialisme préférant fermer les yeux sur les fortunes détournées dans l’unique objectif de conserver son influence en Afrique. William Bourdon, président de Sherpa et avocat de Transparency International, souligne :
"Il y avait un océan de scepticisme face à nous. L’activisme du parquet, sous la présidence Sarkozy, a permis de paralyser la procédure jusqu’en 2010. Alors, oui, l’ouverture de ce procès aujourd’hui est pour nous une satisfaction." Lire la suite.


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