Paradis fiscaux et judiciaires

Les conducteurs sont approchés de façon discrète et individuelle

lundi 25 juin 2007

SNCF

3 questions à Bruno Duchemin, secrétaire général de la FGAAC (Fédération générale autonome des agents de conduite)

"Les conducteurs sont approchés de façon discrète et individuelle"

NOUVELOBS.COM | 21.06.2007 | 13:47

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La SNCF offrirait des retraites dorées à d’anciens agents. De quoi s’agit-il concrètement ? Cette pratique des retraites dynamiques est-elle connue auprès des salariés ? Existe-t-il d’autres systèmes de ce genre ?

- La SNCF a embauché des conducteurs de TGV comme moniteurs, via une filiale un peu obscure, pour les faire travailler à l’étranger. Le groupe exporte ainsi ses compétences, hors de France, notamment à Taiwan.
Ce procédé se réalise dans une trop grande discrétion. En effet, quelle honte à vouloir mettre en avant le savoir-faire des conducteurs ? Or l’entreprise ne communique pas là-dessus.
Les conducteurs sont approchés de façon discrète et individuelle. Les organisations syndicales n’ignoraient pas néanmoins ces pratiques.
Au sein de la FGAAC, le cumul emploi-retraite nous gêne, et nous avons préalablement demandé aux conducteurs d’éviter ces pratiques.
Nous estimons que 50 conducteurs sont concernés sur Taiwan.
En revanche, nous n’avons pas connaissances d’autres affaires de ce type.

Sur les 1,06 million d’euros versés en 2005 par SNCF International à Rail Road Consultants, l’entreprise économiserait 53.000 euros. N’est-ce pas un gros risque pour une faible économie, comparé au 17 millions de chiffre d’affaires de la SNCF ? Ou une façon de contourner le problème du prolongement des retraites ?

- Il est vrai que l’économie est mince. Alors pourquoi mettre en place un système opaque ?
Il aurait été par ailleurs préférable d’embaucher des actifs sur ces postes et non des anciens agents. La SNCF se défend en arguant qu’elle manque de conducteurs de TGV sur le réseau national. Mais rappelons que seulement 50 personnes sont concernées. Et dans tous les cas rien n’empêche d’embaucher d’autres conducteurs.
D’autre part, c’est effectivement une manière pour l’entreprise de s’en prendre au régime des retraites. C’est une sorte d’attaque contre notre régime spécial. Mais nous ne sommes pas fermés au dialogue sur ce système, qui pourrait être amélioré. Nous souhaiterions discuter, notamment, de l’adoption de mesures incitatives, qui permettraient de travailler plus longtemps.
Actuellement, les salariés peuvent prendre leur retraite plus tôt que les autres (à 55 ans pour les cheminots et à 50 ans pour les conducteurs). Ils peuvent aussi, par définition, s’arrêter plus tard. Dans les faits, près de 90% des employés choisissent la retraite anticipée, c’est-à-dire qu’ils perdent un tiers du revenu, mais ils cotisent 13% de plus.

Selon vous à qui incombe la responsabilité ? Qu’en est-il des sanctions ?

- C’est de la responsabilité de la SNCF. Il semble que ce soit elle qui a organisé le système.
Concernant les salariés : soit ils ont déclaré leurs revenus, soit non. Ensuite, reste à déterminer s’ils ont été abusés ou non.

Propos recueillis par Chloé Dussapt
(le jeudi 21 juin 2007)

© Le Nouvel Observateur

Publié avec l’aimable autorisation du Nouvel Observateur.

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