Paradis fiscaux et judiciaires

Affaire d’espionnage chez Renault : le barbouze se rebiffe aux prud’hommes

mardi 27 juin 2017 par marieagnes

Affaire d’espionnage chez Renault : le barbouze se rebiffe aux prud’hommes

Par Claire Padych, publié le 27/06/2017 à 08:01 , mis à jour à 22:27

EXCLUSIF. Écarté pour avoir donné de fausses informations dans l’affaire des "ingénieurs espions" de Renault, Dominique Gevrey demande la nullité de son licenciement.

Boulogne, conseil des prud’hommes, section encadrement, le 26 juin 2017, 11h30.

C’est une affaire qui remonte à 2011 mais qui a défrayé alors la chronique et le monde automobile. À l’époque, une main anonyme envoie à la direction de Renault une lettre très précise qui révèle que plusieurs ingénieurs ont livré des secrets industriels à une société chinoise. Or, le groupe travaille sur les véhicules électriques et les présumés espions sont nommés. La direction s’affole, les personnes mises en cause sont licenciées... avant qu’une enquête plus importante soit menée et que les trois chercheurs ressortent finalement blanchis.

Le constructeur automobile cherche les responsables en son sein : les informations erronées lui auraient été données par la DPG (direction de protection du groupe), sorte de "task-force" interne qui lutte contre la fuite de documents industriels. Les trois protagonistes de la DPG sont à leur tour licenciés.

L’un d’eux, Dominique Gevrey, ancien agent secret, l’homme par qui le scandale est arrivé, s’expliquait aujourd’hui devant le conseil des prud’hommes de Boulogne.

Le président, entouré d’une conseillère et deux conseillers, fait venir à la barre l’avocat de "l’ex- barbouze" (David Metin) et l’avocate de Renault (Karin Dulac).

[...] Le président : "Nous vous écoutons."

L’avocat de Dominique Gevrey : "En 2004, Renault recrute mon client, un ancien militaire qui a travaillé dans le renseignement pour qu’il intègre la DPG, la direction de protection du groupe. Il rejoint un ancien de la police financière et un autre qui vient de la DGSE [direction générale de la sécurité extérieure]. Renault sait s’entourer de personnes compétentes. Le 17 août 2010, c’est le branle-bas de combat à la DPG lorsqu’une lettre anonyme dénonce trois salariés du groupe qui auraient fourni des renseignements sensibles à une société chinoise. On reproche à mon client d’avoir rédigé des rapports à charge. Vous ne trouverez pas une pièce où il a écrit la moindre ligne sur les trois salariés mis en cause. La DCRI [direction générale de la sécurité intérieure] intervient, l’affaire devient nationale. Le PDG Carlos Ghosn décide de mettre fin au contrat de travail des soi-disant espions, puis Renault rétropédale, les salariés licenciés sont blanchis et Dominique Gevrey est licencié pour faute grave. Des faits lui sont reprochés comme d’avoir tu le nom de l’informateur ou d’avoir reçu des centaines de milliers d’euros sur son compte. Mais il y a un contexte."

[...] L’avocate de Renault : "Une enquête interne a été confiée à cet ancien du renseignement et que nous indique le deuxième rapport du 21 octobre 2010 ? Que le donneur d’ordre est une société chinoise. Des numéros de comptes très précis en Suisse et au Lichtenstein sont donnés. Et que découvre-t-on ? Que ces comptes n’existent pas. Renault comme la DCRI demandent à monsieur Gevrey qui est son informateur. Et là, c’est l’obstination totale. Après deux jours de garde à vue, il livre le nom d’un agent belge qui nie avoir été l’informateur. Le juge d’instruction procède à des perquisitions et ne trouve rien. Monsieur Gevrey est licencié pour avoir été négligent dans la rédaction de son rapport, premier grief, et s’être tu sur le nom de sa source, deuxième grief. Pour ce qui est des sommes sur un compte ouvert à son nom en Suisse, on ne l’accuse pas de les avoir conservées mais de ne pas avoir alerté sa hiérarchie, c’est le troisième grief. Les conséquences de ces irrégularités ont été très lourdes car elles ont porté atteinte à l’image de Renault et ont coûté fort cher pour le préjudice de trois salariés licenciés par l’inconséquence de trois autres ! Je vous demande de dire que le licenciement pour faute grave est parfaitement justifié. " Lire la suite.


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