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Soupçons de corruption de la justice américaine sur BAE Systems

mardi 26 juin 2007

Economie

Soupçons de corruption de la justice américaine sur BAE Systems

REUTERS | 26.06.2007 | 10:15

LONDRES (Reuters) - La justice américaine a ouvert une enquête sur BAE Systems pour tenter d’établir si le groupe britannique d’aéronautique et de défense a respecté ou non la législation anti-corruption, notamment dans le cadre de contrats avec l’Arabie saoudite.

L’annonce de l’ouverture de ces investigations fait chuter l’action BAE à la Bourse de Londres : vers 8h00 GMT, le titre abandonne 8,08% à 406,50 pence, la plus forte baisse de l’indiceFTSE (-0,6%).

Les activités de BAE Systems, numéro un européen de la défense, ont d’importantes ramifications aux Etats-Unis.

En Grande-Bretagne, le Serious Fraud Office, l’agence chargée de ce type d’affaires, a abandonné pour sa part ses investigations sur ce dossier en décembre dernier, le premier ministre Tony Blair ayant argué qu’elles mettaient en péril la sécurité nationale et les relations diplomatiques avec Ryad.

"BAE Systems s’est vu notifier par le département américain de la Justice que celui-ci a entamé une enquête formelle liée au respect par la société des lois anti-corruption incluant les activités de la société concernant le royaume d’Arabie saoudite", annonce le groupe dans un bref communiqué mardi.

Un porte-parole du bureau de Tony Blair a déclaré pour sa part : "Nous ne pouvons commenter une procédure judiciaire qui n’a pas encore débuté mais nous la surveillerons avec intérêt."

Aucun commentaire n’a pu être obtenu auprès du ministère britannique de la Défense.

BAE a toujours nié toute malversation ou infraction dans le cadre de ses relations avec l’Arabie saoudite.

UN MILLIARD DE LIVRES

L’enquête de la justice américaine porte sur le contrat Al Yamamah, le plus gros contrat d’exportation d’armement jamais signé par une entreprise britannique. Celui-ci remonte aux années 1980 et a représenté un montant global estimé à 43 milliards de livres sterling (64 milliards d’euros).

La presse britannique a rapporté récemment que BAE avait versé, avec l’aval du ministère de la Défense britannique, plus d’un milliard de livres au prince saoudien Bandar ben Sultan via des comptes bancaires aux Etats-Unis. BAE a nié ces informations.

Bandar, ancien ambassadeur saoudien aux États-Unis et actuel secrétaire général du Conseil national de sécurité du royaume, a vigoureusement démenti que ces sommes aient pu constitué des commissions occultes versées en sa faveur, et qualifié l’affaire de "pure invention".

Les avocats de Bandar répondent que les fonds versés sur des comptes en banque de la Riggs Bank ont été crédités au nom du ministère saoudien de la Défense et de l’Aviation et que cet argent a été exclusivement utilisé pour les besoins du ministère.

BAE souligne pour sa part que le contrat Al Yamanah a fait l’objet d’un accord entre les deux gouvernements, et que tous les paiements impliqués ont dont fait l’objet de la validation expresse de Ryad et de Londres.

Le groupe a demandé ce mois-ci à un ancien responsable judiciaire britannique, Lord Woolf, de mener un audit de ses pratiques éthiques mais les transactions passées avec l’Arabie saoudite ne sont pas concernées.

© REUTERS

Publié avec l’aimable autorisation de l’Agence Reuters.

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