Paradis fiscaux et judiciaires

La carte aux trésors des "biens mal acquis"

vendredi 7 juillet 2017 par marieagnes

La carte aux trésors des "biens mal acquis"

NFOGRAPHIE. Hôtels particuliers avec piscine, palaces, voitures de luxe... Nous avons dressé la liste des trésors cachés en France par les "kleptocrates".

Caroline Michel et Mehdi Benyezzar avec Céline Lussato Caroline Michel et Mehdi
Benyezzar avec Céline Lussato Publié le 06 juillet 2017 à 20h16

L’ argent tombe sur certains hommes comme une pièce de monnaie dans un égout." Au matin de l’avant-dernière journée du procès du Guinéen Teodorin Obiang, mercredi 5 juillet, l’avocat de la partie civile, William Bourdon, représentant de l’ONG Transparency International, a cité le stoïcien Sénèque, qui célébra la vertu. De philosophie, il a encore été question quand, dans une référence aux penseurs des Lumières, William Bourdon a engagé le tribunal correctionnel de Paris à se montrer fidèle à l’héritage universaliste de la France en prononçant une peine exemplaire. "C’est une fierté pour vous et notre pays que la France accueille le premier procès d’un kleptocrate. Le XXIe siècle consacrera l’intolérance de tous les citoyens du monde envers les puissants qui utilisent leur pouvoir pour s’enrichir", a espéré l’avocat qui a été à l’initiative de ces procédures dites des "biens mal acquis".

L’accusé était absent. Resté à Malabo, d’où il a qualifié ce procès de "mascarade" et de "montage", Teodorin Obiang, celui que William Bourdon a qualifié de "petit Ubu roi de carnaval et de casino", est le fils aîné de l’actuel président de Guinée équatoriale, au pouvoir depuis 1979. Il est le premier dignitaire étranger à être jugé en France pour "blanchiment d’argent public". William Bourdon, qui est aussi le président de l’association de lutte anti-corruption Sherpa, l’a rappelé : il a mis dix ans pour convaincre la justice qu’elle pouvait, qu’elle devait poursuivre les dictateurs et leurs proches ayant investi en France le fruit de leur corruption, dans des hôtels particuliers, des villas, des immeubles, des voitures de luxe et de grandes marques de luxe.

Au nom de prétendues relations diplomatiques privilégiées, de cette Françafrique devenue le cache-misère de l’Afrique, les gouvernements successifs ont longtemps accueilli à bras ouvert ces fortunes illicites et les ont regardé prospérer. "C’était l’impunité absolue", a renchéri le procureur, Jean-Yves Lourgouilloux, dans son réquisitoire contre Teodorin Obiang. Entre 1997 et 2011, celui qui occupait alors la charge de ministre de l’Agriculture dans son pays a investi 150 millions d’euros en France. En particulier pour l’acquisition d’un fastueux hôtel particulier agrémenté de de salles de jeux, de sport et de cinéma et d’une discothèque. Un palace évalué à plus de 100 millions d’euros.

Nous avons voulu dresser la carte de ces fameux "biens mal acquis" visés par les enquêtes. Ces dernières années, les juges ont multiplié les saisies préventives dans les procédures pénales. La première avait été, en 2012, la saisie du fameux hôtel particulier de Teodorin Obiang avenue Foch. Depuis, cette arme judiciaire a été utilisée dans toutes les autres enquêtes. Nous avons donc recensé les principaux biens saisis et indiqué, en légende, le nom de son propriétaire et le détail de l’enquête qui le vise. Il suffit de déplacer la souris sur les petites icônes pour que le texte apparaisse. Un point sur toutes les enquêtes, en un seul coup d’œil, à voir ci-dessous >>.


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