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Le 9 août 2007, le début de la crise des « subprimes »

mercredi 9 août 2017 par marieagnes

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La Matinale du 08/08/2017

Le 9 août 2007, le début de la crise des « subprimes »

Il y a dix ans, la banque BNP Paribas gelait les retraits de ses clients dans trois de ses fonds monétaires et marquait le début de la plus grande crise financière de ce début de XXIe siècle.

LE MONDE | 09.08.2017 à 06h48 • Mis à jour le 09.08.2017 à 10h23 | Par Mathilde Damgé

C’est un fait qui est souvent ignoré : la plus grande crise financière de ce début de XXIe siècle a commencé le 9 août 2007… en France. Ce jour-là, BNP Paribas gèle les retraits de ses clients dans trois de ses fonds d’investissement. La banque tricolore reconnaît qu’elle ne peut plus valoriser les actifs détenus dans ces fonds, car ils ne sont plus échangeables sur les marchés.

Baudouin Prot, le directeur général de BNP Paribas, avait pourtant assuré, le 1er août, que la liquidité de ses produits (la capacité à être vendus ou achetés) était « totalement assurée ». Mais, une semaine plus tard, les clients (des trésoriers d’entreprise et des grandes fortunes) ne peuvent plus revendre leurs parts et récupérer leur investissement.

Cette décision est rarissime dans le monde de la gestion, car elle envoie un signal désastreux ; confronté à des déboires similaires à la même période, l’assureur Axa avait choisi d’assurer la liquidité de ses fonds en difficulté et de racheter les parts des clients qui souhaitaient vendre. « Nous avons juste été la première banque internationale à dire que le roi était nu », confiait un ancien dirigeant de BNP Paribas au Monde.

[...] Des signes avant-coureurs

En dehors de la décision malheureuse de BNP Paribas de pénaliser ses clients, d’autres signes avant-coureurs peuvent être considérés comme des marqueurs des prémices de cette crise mondiale. En février, la banque HSBC annonce des pertes liées aux subprimes. C’est le premier « profit warning » de son histoire. Les impayés des crédits immobiliers à haut risque amputeraient de 10,5 milliards de dollars ses bénéfices annuels. En avril, son principal concurrent dans le secteur du subprime américain, New Century, se déclare en faillite.

En juin, deux fonds spéculatifs (hedge funds) gérés par la banque Bear Stearns enregistrent de lourdes pertes et doivent fermer. Ces défaillances ont un effet domino, entraînant d’autres plus petits fonds dans leur sillage, faisant craindre des pertes au sein même des établissements les plus solides de Wall Street.

En juillet, deux banques allemandes, IKB et Sachsen LB, frôlent la faillite du fait de leurs investissements aux Etats-Unis. Le gendarme de la Bourse allemande, la BaFin, juge alors que le pays est « menacé de la plus grave crise financière depuis 1931 ». Le 18 août, la banque publique de l’Etat de Saxe fait l’objet d’un plan de sauvetage exceptionnel. Pour éponger ses pertes, une ligne de crédit de 17,3 milliards d’euros lui est accordée – deux fois plus que pour IKB. Sans ces aides, les deux établissements spécialisés dans le financement des petites et moyennes entreprises (PME) auraient mis la clé sous la porte.

La fin de la confiance

Le 9 août, c’est aussi le jour où les banques centrales entrent en scène pour éviter une paralysie générale du marché interbancaire, celui sur lequel les banques se prêtent de l’argent entre elles pour financer leurs opérations au jour le jour, un marché essentiel à l’activité économique. Les banques centrales, qui leur prêtent aussi de l’argent régulièrement sous forme d’enchères sur des montants définis à l’avance, sont cette fois obligées d’ouvrir grand les vannes et de prêter bien plus que d’habitude : en deux jours, environ 290 milliards d’euros de liquidités sont apportés au système bancaire international, un record.

Mais il ne s’agit pas que d’apporter de l’argent, il s’agit de restaurer la confiance, d’abord entre les banques mais aussi avec les investisseurs que sont les entreprises, les fonds de pension ou les nouvelles puissances financières chinoises et russes… Or, la confiance est rompue et ce problème restera entier pendant plusieurs années, personne ne sachant combien les banques ont investi exactement dans les subprimes, et les remèdes des banques centrales (baisses de taux, injections de liquidités, etc.) n’étant que des pansements temporaires.

[...] Cette méfiance quant à la santé du système bancaire se répercutera jusque chez les particuliers, dont certains incitent, en 2010, leurs compatriotes à retirer leur épargne des banques, à l’instar de l’ancien footballeur Eric Cantona. Une initiative qui, si elle avait été suivie, aurait pu provoquer une ruée aux guichets et l’effondrement de plusieurs établissements. C’est ce qui avait conduit au sauvetage de la britannique Northern Rock en septembre 2007 : en pleine crise des subprimes, des rumeurs courent sur son manque de solvabilité. On voit alors les déposants faire la queue pour retirer leurs économies. Le gouvernement est contraint de nationaliser l’établissement pour éviter sa disparition pure et simple.

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/08/09/le-9-aout-2007-bnp-paribas-faisait-eclater-la-crise-financiere_5170259_4355770.html#QgfO0HTrUomOEFdC.99


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