Paradis fiscaux et judiciaires

Un ancien de la DGSE chez le juge Perraudin

lundi 18 septembre 2017 par marieagnes

Un ancien de la DGSE chez le juge Perraudin

Actualité Société Justice

Par par Gilles Gaetner et publié le 13/05/1999 à 00:00

Le juge genevois Paul Perraudin poursuit, en toute discrétion, ses investigations sur l’affaire Elf. Plus précisément sur le volet allemand, qui fait apparaître une commission de 256 millions de francs versée, en 1991, à l’occasion de la reconstruction de la raffinerie de Leuna, dans l’ex-Allemagne de l’Est. Cette commission a été versée par le groupe pétrolier français.

Pour en savoir un peu plus sur cette histoire, le magistrat suisse a longuement entendu, il y a peu, un ancien colonel français, ex-chef de cabinet du patron de la DGSE, le général René Imbot, dans les années 80. Son nom : Pierre Lethier. Désormais reconverti dans les affaires, spécialiste de géostratégie, cet ex-officier, actuellement domicilié en Suisse, aurait perçu une commission non négligeable - une vingtaine de millions de francs, au moins - à l’occasion de l’opération allemande d’Elf.

L’audition de Pierre Lethier trouve son origine dans la plainte déposée, à Genève, il y a plusieurs mois, par le successeur de Loïk Le Floch-Prigent à la tête d’Elf, Philippe Jaffré. Objectif : connaître la destination réelle des fameux 256 millions de francs. Le juge Perraudin a donc interrogé Pierre Lethier afin qu’il lui explique les conditions dans lesquelles il a perçu une substantielle rémunération et lui raconte la genèse de cette affaire, où figurent également, en première ligne, l’ex-n° 2 du groupe Elf, aujourd’hui en fuite, Alfred Sirven, son adjoint de l’époque, Hubert Le Blanc-Bellevaux, et André Guelfi, alias « Dédé la Sardine ». L’Express a tenté à plusieurs reprises - mais en vain - de joindre Pierre Lethier. Lequel a toujours opposé une fin de non-recevoir, faisant savoir par son entourage qu’il avait, dans l’affaire Leuna, effectué un vrai travail.

Retour en arrière. 1991 : après la chute du mur de Berlin, l’Allemagne souhaite réaménager de fond en comble son réseau de distribution pétrolière. Aussi s’adresse-t-elle à Elf pour lui vendre les 950 stations-service Minol et l’associer à la reconstruction de la raffinerie de Leuna, située non loin de Leipzig. Le patron du groupe pétrolier français, Loïk Le Floch-Prigent, accepte, en association avec le magnat sidérurgique Thyssen. L’investissement est colossal : plus de 15 milliards de francs. Rien à dire. Sauf que, à cette occasion, 256 millions de francs atterrissent, dans un premier temps, sur un compte de la société suisse Noblepac - propriété de Guelfi. Puis ces 256 millions se retrouvent à la Handels Finanz Bank de Genève : 36 millions vont sur un compte Show Fast et 220 sur un autre, dénommé Stand By Estate.

Qui en sont les destinataires ? On évoque, à l’époque, un proche de Helmut Kohl, ce qui aurait accrédité l’hypothèse d’un cadeau fait à la CDU. On évoque aussi Hubert Le Blanc-Bellevaux, Pierre Lethier et un homme lié aux services secrets allemands, Hans Dieter Holzer, résidant actuellement à Monaco. Le juge Perraudin a également souhaité l’entendre. Sans résultat à ce jour. Il voudrait aussi recueillir les explications d’Alfred Sirven, qui aurait mis au point tout ce circuit de financement occulte. Mais, là, l’espoir d’aboutir est mince. Jusqu’à quand ?

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