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Il y a trente ans mouraient Thomas Sankara et son rêve d’émancipation du peuple burkinabé

lundi 16 octobre 2017 par paradisfj.info

Récit

Il y a trente ans mouraient Thomas Sankara et son rêve d’émancipation du peuple burkinabé

Le 15 octobre 1987, le jeune révolutionnaire était assassiné après quatre ans passés à la tête du Burkina Faso. Qui a tué le « camarade président » ?

Par Morgane Le Cam (Ouagadougou, correspondance)

LE MONDE Le 13.10.2017 à 22h17 • Mis à jour le 15.10.2017 à 06h23

[...] « C’est moi qu’ils veulent »

De la réunion du secrétariat de la présidence du Conseil national de la révolution (CNR), l’organe principal du pouvoir à l’époque, dans l’après-midi du 15 octobre 1987, il n’y aura qu’un survivant : Alouna Traoré, chargé de l’information à la présidence.

« Nous étions dans la salle de réunion n o7. La garde du président était postée dehors. A peine ai-je pris la parole que les crépitements ont commencé. “Sortez, sortez !”, nous criait-on. Le camarade président a été le premier à sortir, les mains en l’air, en disant “C’est moi qu’ils veulent”. Les autres ont suivi. Tous ont été tués à bout portant », se souvient Alouna Traoré. Trente ans après, il ne comprend toujours pas pourquoi il est en vie.

Les identités présumées des six membres du commando sont connues. Six militaires, membres du Centre national d’entraînement commando (CNEC) de Pô, dirigé à l’époque par Gilbert Diendéré, un proche de Blaise Compaoré. Il y a deux ans et demi, une enquête judiciaire a été ouverte. Une quinzaine de personnes ont été inculpées.

Mais, au Burkina Faso, une question taraude toujours les esprits : le numéro deux de la révolution a-t-il donné l’ordre de tuer le numéro un ? Quatre jours après l’assassinat, Blaise Compaoré, que son coup d’Etat a porté à la tête d’un Front « populaire », justifiera ainsi ce forfait qui, il l’assure, a été commis contre sa volonté : « Informés à temps, les révolutionnaires sincères se sont insurgés, déjouant le complot de 20 heures et évitant ainsi à notre peuple une tragédie sanglante, un bain de sang inutile. »

Pour le Front populaire, cette opération au « dénouement inattendu et brusque », qui devait se solder par la simple arrestation de Thomas Sankara, était nécessaire pour sauver la révolution.

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