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Armes de surveillance de masse françaises : révélations sur les coulisses d’un commerce mortifère

mercredi 15 novembre 2017 par marieagnes

Armes de surveillance de masse françaises : révélations sur les coulisses d’un commerce mortifère

14/11/2017 par redaction

Dans les jours à venir, Reflets.info va dévoiler les coulisses des ventes d’armes de surveillance massive à travers le monde effectuées par une entreprise française : Nexa Technologies.

Ces produits permettant d’intercepter les communications d’un pays entier sont un commerce mortifère. Vendus généralement à des dictatures ou des Etats policiers (mais nous verrons que des « démocraties » sont également clientes), ils permettent d’identifier les opposants politiques, journalistes, blogueurs, activistes, syndicalistes, et autres membres d’ONG. Ceux-ci sont ensuite, comme ce fut le cas en Libye, interrogés, torturés sur la base des interceptions permises par ces outils.

L’État français, au courant depuis les prémices de ces entreprises (Amesys et Qosmos, mais d’autres aussi), les a soutenues financièrement. Elles se sont développées grâce à des contrats publics déguisés ainsi que grâce à l’argent versé par des dictateurs sanguinaires. À chaque fois, l’État Français a donné son aval direct ou par omission pour ces ventes.

Nexa est le successeur, principalement par un changement de nom, d’Amesys. En février et mai 2011, Reflets.info dévoilait que la France avait vendu un outil de surveillance permettant de mettre sur écoute les communications Internet, cellulaires, satellites, des Libyens. Notre premier article posait une série de questions. Le 30 août 2011, les soupçons d’une vente du produit « Eagle » à Kadhafi, avec comme intermédiaire Zyad Takieddine, étaient confirmés par une journaliste du Wall Street Journal qui visitait un centre d’interceptions Amesys au cœur de Tripoli libérée. En réalité, et nous le découvrons aujourd’hui, le déploiement d’Eagle en Libye a démarré en 2006.

Nous n’avons jamais cessé d’enquêter sur les marchands d’armes numériques. La liste de nos articles concernant Amesys est longue. Celle concernant Qosmos l’est presque autant. Aujourd’hui, nous allons replonger dans le commerce de ces armes par Nexa Technologies et AMES (Advanced Middle East Systems), qui ont succédé à Amesys. Vous allez découvrir que, comme nous l’avions écrit à plusieurs reprises, le business de la vente d’armes numériques continue, en dépit du scandale libyen, avec, toujours, l’aval de l’État Français. Amesys version 1 avait vendu à la Libye et à d’autres pays. Mais le scandale né de la révélation de ce deal a forcé Bull, qui détenait Amesys 1, à se défaire de cette activité. Pour cela, Stéphane Salies, qui a toujours développé le produit depuis le début chez Amesys, puis chez Bull a monté une entreprise qui continue à vendre ces produits : Nexa Technologies.

Amesys 1 est poursuivie devant le Pôle Crimes contre l’humanité et Crimes et Délits de guerre du Tribunal de Paris pour complicité de torture ou acte de barbarie, traitements inhumains et dégradants. Stéphane Salies, ancien directeur commercial d’Amesys, ainsi que l’ancien patron d’Amesys version 1, Philippe Vannier, ont été entendus. Mais aussi un peu plus d’une dizaine de développeurs impliqués dans le projet Eagle. L’étau se resserre peu à peu.

Quels sont les pays équipés des systèmes français de surveillance Internet et de téléphonie ? Combien ont coûté ces systèmes ? Quels sont les demandes spécifiques de certains pays en matière de surveillance ? Quels forums, quels types de messagerie ou de réseaux sociaux sont surveillés ? Comment fonctionnent-ils et quelles sont les capacités techniques de ces installations ? Quels sont les liens commerciaux qui unissent Nexa Technologies et Gamma International, l’éditeur du tristement célèbre FinFisher ? Ou qui unissent Nexa Technologies avec l’État français ou encore… la Commission Européenne ?

Autant de questions auxquelles Reflets.info répondra dans les jours à venir.

Contactés à de nombreuses reprises, ni les services du premier ministre, ni le SBDU (Bercy), ni Stéphane Salies (Nexa Technologies), n’ont répondu à nos sollicitations.

Source de l’article.


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