Paradis fiscaux et judiciaires

A Kigali, le dossier à charge s’alourdit

mardi 3 juillet 2007

A Kigali, le dossier à charge s’alourdit

BRAECKMAN, COLETTE envoyée spéciale du journal Le Soir à Kigali.

mardi 03 juillet 2007, 06:52

Extrait de l’article :

Martin Marschner von Helmreich.

L’homme n’est ni un activiste des droits humains, ni un militant politique ; il vit à Monaco, et s’est spécialisé dans la haute finance. Cependant, il estime être un témoin de premier plan : en 1994, il avait signé une convention de courtage financier avec la Caisse centrale de réassurance, où il avait déposé l’équivalent de trois millions d’euros. Le 19 août 1994, la CCR, une compagnie de réassurance dépendant directement du Trésor public et créée par le général de Gaulle, fit savoir au témoin qu’elle avait perdu un milliard de francs français de l’époque, appartenant à sa filiale Rochefort Finances.

Le 14 septembre 1994, coup de théâtre : le trésor public français, sans explications, remboursa l’intégralité de cette somme ! Marscher rappelle qu’à l’époque, le ministre du Budget s’appelait Nicolas Sarkozy et il a fourni à la commission 800 pages de documents comptables.

Pour lui, « il est évident que Rochefort Finances a été une filière de financement d’opérations occultes, en Afrique et ailleurs. Le « trou » financier de l’été 1994, creusé puis comblé, correspond exactement à la durée de l’Opération Turquoise. »

Sur base de ces révélations, les Rwandais se promettent d’éplucher plus minutieusement encore les comptes de la Banque nationale du Rwanda, qui aurait reçu et ventilé les fonds envoyés par la France via la BNP Paribas.

Il apparaît déjà que cette dernière, durant le génocide, payait les frais de fonctionnement de plusieurs ambassades du Rwanda en Europe, qui dépendaient alors du gouvernement intérimaire.

Si quelques clés et de nombreux chiffres manquent encore aux accusations de Marschner, en revanche, les témoignages de simples citoyens rwandais apparaissent comme autant de pierres qui balisent la voie vers la vérité. Avec des détails trop précis pour avoir pu être inventés, des témoins présents lors de l’Opération Turquoise assurent que les militaires français cohabitèrent jusqu’au bout avec les miliciens Interhahamwe, que des tueries se poursuivirent dans les zones sous leur contrôle, que l’exode d’un million et demi de réfugiés en direction du Kivu fut aussi une manoeuvre politique et militaire, afin de ne laisser au FPR en passe de conquérir Kigali qu’une terre brûlée, vidée de ses habitants...

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