Paradis fiscaux et judiciaires

Dans les paradis fiscaux, le blanchiment concerne aussi les mots

dimanche 7 janvier 2018 par paradisfj.info

Dans les paradis fiscaux, le blanchiment concerne aussi les mots

« Trust », « fondation caritative », « filiale d’entreprise »... Dans le monde de la finance offshore, le vocabulaire sert à dissimuler des réalités peu avouables.

LE MONDE | 07.01.2018 à 12h00 | Par Marion Rousset

Pour dissimuler des opérations inavouables, les paradis fiscaux ont une arme efficace – le secret bancaire –, qui en cache une autre, non moins redoutable : le secret sémantique. Sur le papier, aucune anomalie économique n’est à signaler. Les termes employés pour décrire l’activité des Bahamas, du Lichtenstein ou du Luxembourg sont des plus standards. Dans ces « Etats » gouvernés par des « lois permissives », les sociétés peuvent faire des « investissements directs à l’étranger », comme partout ailleurs. On y trouve aussi des « trusts », des « fondations caritatives » et des « filiales d’entreprises ».

Pays crapuleux

Pourtant, « ce lexique emprunté à l’économie réelle ne permet ni de comprendre ni de décrire ce qui a effectivement cours offshore. Il donne aux paradis fiscaux tous les dehors d’une législation normale, sans jamais laisser paraître qu’il s’agit de pays crapuleux qui permettent le blanchiment d’argent », souligne le philosophe canadien Alain Deneault, qui a publié Une escroquerie légalisée, précis sur les « paradis fiscaux » (Ecosociété, 2016).

Pour n’en donner qu’un exemple, c’est à une « association caritative » des Iles Caïmans qui lui appartient qu’Airbus a cédé sa flotte. A l’évidence, un tel montage ayant pour seul but d’échapper à une taxation n’a de « caritatif » que le nom. De même, peut-on vraiment parler de « société » à propos d’une structure sans employés ni production, qui s’apparente dans les faits à une simple « boîte aux lettres » ? Est-il pertinent d’utiliser le terme de « trust » pour qualifier une entreprise dont le fondateur, le gestionnaire et le bénéficiaire sont une seule et même personne ? Ou encore d’« investissement direct à l’étranger » quand il ne s’agit en aucun cas d’un placement destiné à financer un projet de développement, mais d’un transfert de fonds vers un paradis fiscal pour contourner les règles de son propre pays ?

Brouiller les pistes

Et que dire des prétendues « lois » des...

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/01/07/dans-les-paradis-fiscaux-le-blanchiment-concerne-aussi-les-mots_5238482_3232.html#tTADds88k7L2Adk5.99


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