Paradis fiscaux et judiciaires

Accueil > Les dictatures > LE MOZAMBIQUE > Au Mozambique, « l’hypocrisie » des Occidentaux face à la dette du pays est (...)

Au Mozambique, « l’hypocrisie » des Occidentaux face à la dette du pays est dénoncée

samedi 22 décembre 2018, par paradisfj.info

Économie

Au Mozambique, « l’hypocrisie » des Occidentaux face à la dette du pays est dénoncée

Le rôle des banques internationales qui ont négocié les emprunts – et récolté des millions en frais bancaires au passage – est très critiqué par l’opposition et la population. Certains réclament l’annulation pure et simple des emprunts en question.

Par Adrien Barbier Publié aujourd’hui à 18h00

Assis à son bureau de Maputo, le diplomate ne décolère pas lorsqu’on le lance sur le sujet des dettes cachées. « C’est d’une hypocrisie spatiale. Depuis le début, on attaque et on blâme le Mozambique mais on ne touche pas à l’Allemagne, la France, la Suisse, l’Angleterre, qui sont tous impliqués !, s’énerve t-il, sans mâcher ses mots. Les banquiers qui ont monté cette dette savaient très bien que le pays était sous perfusion du FMI, et par déontologie, tu ne fais pas ce type de crédit lorsque c’est contre les fameuses règles de bonne gouvernance. »

Alors que le Mozambique détient désormais le bonnet d’âne de l’endettement public en Afrique, le rôle des banques internationales qui ont négocié les emprunts – et ont récolté des millions en frais bancaires au passage – est de plus en plus critiqué. En novembre, le régulateur bancaire britannique a toutefois abandonné ses poursuites contre la branche londonienne de Credit Suisse, qui, avec la banque russe VTB, a organisé l’émission des trois emprunts cachés au cœur du scandale : 850 millions de dollars (745 millions d’euros), 622 millions et 535 millions de dollars, contractés entre 2012 et 2014.

Au Mozambique, la décision a provoqué une levée de boucliers dans l’opposition et la société civile. Celles-ci réclament l’annulation pure et simple des emprunts en question, considérés comme illégaux et inconstitutionnels puisque le gouvernement aurait dû consulter le Parlement avant de signer. Lire la suite.