Paradis fiscaux et judiciaires

Les Seychelles, nouveau paradis de PME romandes

samedi 7 juillet 2007

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Les Seychelles, nouveau paradis de PME romandes

Des dizaines de petites entreprises suisses se font immatriculer à Victoria, la capitale des Seychelles. On peut y créer une société en 24 heures sans donner l’identité des associés, sans déposer de comptes et sans même tenir d’assemblée générale annuelle. On peut s’y enregistrer sans tracasseries pour 1300 francs environ

Ian Hamel - 07 Juillet 2007

Le Matin Dimanche

Légende Keystone
L’archipel des Seychelles est surtout connu pour ses tortues géantes et ses cocos fesses, des noix de 30 kilos. On ignore souvent ses atouts fiscaux.

La société Golay Net SA, inscrite au registre des compagnies internationales de la république des Seychelles le 13 septembre 2006, sous le numéro 030884 a beaucoup d’ambition. Cette entreprise, qui dispose d’un capital de 60 000 dollars (72 600 francs), se propose de mener des opérations commerciales et financières, d’exploiter des bazars orientaux, et d’offrir des services dans les télécommunications et sur Internet. Pour mener à bien autant de projets, Golay Net a créé en mars 2007 une succursale à Fribourg, qui, apparemment, n’aurait toujours pas le téléphone. Son directeur, H. A., originaire de Somalie, est, en fait, installé à Genève. Son Internet café, également baptisé Golay Net, trône rue de Zurich, à quelques pas de la gare Cornavin.

Dans cette boutique, on peut aussi transférer de l’argent à l’étranger, envoyer des fax, acheter des cartes téléphoniques ou faire des photocopies. Mais H. A. n’a pas souhaité nous parler, surtout quand nous avons évoqué l’immatriculation de sa société dans l’océan Indien. « C’est secret, je suis désolé. Je n’ai pas envie d’engager la conversation », lâche-t-il.

Taxe annuelle de 121 francs

Les amateurs de plages et de soleil vantent l’archipel des Seychelles, surtout connu pour ses tortues géantes et ses cocos fesses, des noix de 30 kilos rappelant des postérieurs rebondis.

On ignore en revanche que cette ancienne colonie britannique est devenue un vrai paradis fiscal. La Seychelles International Business Authority est fort accueillante : on peut y créer une société en 24 heures sans donner l’identité des associés, sans déposer de comptes, et sans même tenir d’assemblée générale annuelle. Pour s’enregistrer, Il suffit de débourser au départ 500 dollars d’honoraires, 500 dollars de domiciliation, et 100 dollars de taxe (soit, au total, 1330 francs).

Depuis quelques années, plusieurs PME suisses se sont domiciliées à Victoria, la capitale des Seychelles, puis, elles ont ouvert des succursales en Suisse romande, révèle une publication confidentielle, La Lettre de l’Océan Indien * ( www.africaintelligence.fr). C’est le cas de B.L. SA, à Courtepin (discothèques, bars, cabarets night-club), de Murati SA à Sévaz (consulting en bâtiments, rénovations, peinture), de PJL SA à Vuisternens-devant-Romont (rénovation et transformations de bâtiment, import-export). On peut imaginer qu’un tel montage financier apporte de réels avantages financiers. Une société immatriculée dans l’île de Mahé, peut s’en tirer avec une taxe forfaitaire annuelle de 100 dollars (121 francs) !

Un paradis fiscal déconseillé

Cela n’empêche pas plusieurs de ces entreprises d’avoir une existence éphémère et d’être en liquidation. « Ces montages sont parfaitement légaux. D’autres sociétés installées en Suisse sont immatriculées à Malte ou à Gibraltar sans que personne ne trouve rien à redire », souligne Jean-Claude Berner, administrateur de sociétés, établi à Lausanne, et ardent défenseur de l’offshore des Seychelles. Il reconnaît toutefois que certaines banques, quelques registres de commerce, et des administrations fiscales, observent avec un peu de suspicion ces sociétés domiciliées sur les bords de l’océan Indien.

Il est vrai que même l’avocat Edouard Chambost, auteur du « Guide des paradis fiscaux », en général prompt à vanter les places financières accueillantes, classe les Seychelles parmi les sites « que le voyageur fiscal peut éviter ».

Motif ? Cette minuscule république a eu l’immense maladresse d’annoncer en décembre 1995 que tous ceux qui investiraient dans l’archipel seraient systématiquement à l’abri de toutes poursuites ou saisies...

Ces choses-là se font, mais ne se disent jamais.

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