Paradis fiscaux et judiciaires

8 ans requis contre l’ex-directeur du FMI Rato

mercredi 2 octobre 2019 par paradisfj.info

8 ans requis contre l’ex-directeur du FMI Rato

Espagne L’Espagnol Rodrigo Rato est jugé pour falsification de comptes et escroquerie lors de son passage à Bankia, que l’Etat espagnol avait sauvé in extremis à grands coups d’aide européenne.

Le procès Bankia, emblématique de la crise en Espagne, au cours duquel huit ans et demi de prison ont été requis contre l’ancien directeur du FMI Rodrigo Rato pour falsification de comptes et escroquerie, s’est achevé mardi à Madrid, a-t-on appris de source judiciaire.

Après plus de dix mois d’audiences, la décision devrait être connue « dans les prochains mois », a expliqué une porte-parole de l’Audience nationale. Ce haut tribunal, chargé notamment des affaires financières, doit faire la lumière sur l’entrée en Bourse entachée de fraude de la banque Bankia en 2011, sauvée in extremis de la faillite un an plus tard par une colossale aide d’Etat.

Ce sauvetage historique avait obligé l’Espagne à demander à l’Union européenne 41,3 milliards d’euros de prêts (45 milliards de francs) pour éviter l’effondrement de son secteur bancaire.

Bankia, nationalisée en urgence, en avait absorbé à elle seule plus de la moitié, plus de 22 milliards d’euros (24 milliards de francs).

Le parquet a requis huit ans et demi de prison contre Rodrigo Rato, accusé de falsification de bilan comptable et escroquerie au préjudice des investisseurs lorsqu’il dirigeait la banque de 2010 à 2012.

Le parquet a également requis des peines de prison allant de six mois à six ans pour quatorze des 32 accusés, dont quatre autres hauts dirigeants de Bankia.

Lors de son introduction en Bourse en 2011, la situation de Bankia avait été présentée comme très rentable et avait bénéficié d’une vaste campagne publicitaire, attirant 300’000 petits actionnaires qui ont ensuite perdu leur investissement.

Pour le collectif citoyen 15MpaRato, qui a initié l’une des premières plaintes ayant mené au procès, il s’agissait d’une « campagne pour piéger les épargnants ».

Un an plus tard, Bankia reconnaissait avoir en fait subi l’année même de son introduction en Bourse... une perte frôlant les trois milliards d’euros (3,3 milliards de francs). Mardi, Rodrigo Rato a demandé la « relaxe ». « Nous n’avons pas eu d’autre objectif que la défense des intérêts de nos actionnaires », s’est-il défendu.

Durant le procès, il avait affirmé que la Banque d’Espagne n’avait jamais adressé de mise en garde aux dirigeants alors qu’elle connaissait tout des « entrailles » de Bankia. Rodrigo Rato, directeur du Fonds monétaire international de 2004 à 2007, purge déjà une peine de quatre ans et demi pour détournement de fonds lors de son passage à Bankia. D’autres procès pour corruption et fraude fiscale l’attendent.

(afp/nxp)

Créé : 01.10.2019, 18h52


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