Paradis fiscaux et judiciaires

Déchets toxiques à Abidjan en 2006 : enquête préliminaire ouverte à Paris

mercredi 25 juillet 2007

25/07/2007 21:21

PARIS (AFP) - Déchets toxiques à Abidjan en 2006 : enquête préliminaire ouverte à Paris

Une enquête préliminaire a été ouverte la semaine dernière par le parquet de Paris après les plaintes d’une centaine d’Ivoiriens à la suite du déversement en août 2006 de produits toxiques à Abidjan par le cargo grec Probo Koala, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Les plaignants, au nombre de 94, ont entamé une procédure en France car certains des dirigeants de l’affréteur du cargo, la société Trafigura, sont français.

Les plaintes déposées le 18 avril portent sur des infractions d’"homicide et blessures involontaires" mais également sur des faits de "corruption d’agent public étranger", "des sommes en numéraires" ayant été versées selon les plaignants pour obtenir une "attitude bienveillante" des autorités ivoiriennes.

Elles visent Claude Dauphin, l’un des fondateurs de Trafigura et Jean-Pierre Valentini, responsable des opérations en Afrique de l’Ouest, mais elles sont aussi contre X.

Le déversement des déchets toxiques venant du Probo Koala dans la nuit du 19 au 20 août 2006 dans une vingtaine de sites d’Abidjan a provoqué la mort d’au moins 16 personnes et l’intoxication de dizaines de milliers d’autres, selon les autorités ivoiriennes.

Une plainte avec constitution de partie civile comme c’est le cas dans cette affaire débouchent quasi-systématiquement sur l’ouverture d’une information judiciaire confiée à un magistrat.

Mais le doyen des juges d’instruction a rejeté ces constitutions de partie civile, suivant en cela les réquisitions du parquet de Paris qui a estimé qu’elles "ne remplissaient pas les conditions du code de procédure pénale sur des délits commis à l’étranger et dont les auteurs ou les victimes sont français", a-t-on indiqué de source judiciaire.

Trafigura, installée en Suisse, et l’Etat ivoirien ont conclu le 13 février un accord amiable dans lequel la première s’est engagée à verser cent milliards de FCFA (152 millions d’euros) au second en échange de l’abandon des poursuites dans l’affaire des déchets toxiques.

A la suite de cet accord, plusieurs associations de victimes avaient exprimé leur inquiétude, craignant que les fonds versés par Trafigura soient détournés et ne parviennent pas aux victimes.

En juin, la Fédération nationale des victimes des déchets toxiques de Côte d’Ivoire (Fenavidetci), qui regroupe plusieurs associations locales constituées après la pollution, a d’ailleurs rejeté "en bloc" la répartition, décidée par la présidence ivoirienne, des 152 millions d’euros.

La Fenavidetci a demande à l’Etat de "renoncer à ses parts", qui représentent plus des deux tiers de l’argent versé par Trafigura.

© AFP

Publié avec l’aimable autorisation de l’Agence France Presse.

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