Paradis fiscaux et judiciaires

« Luanda Leaks » : les connexions portugaises d’Isabel dos Santos, femme la plus riche d’Afrique

lundi 20 janvier 2020 par paradisfj.info

Afrique
Angola

« Luanda Leaks » : les connexions portugaises d’Isabel dos Santos, femme la plus riche d’Afrique

La fille de l’ex-président angolais a multiplié les investissements au Portugal, révèlent les données des « Luanda Leaks ».

Par Claire Gatinois Publié aujourd’hui à 09h30, mis à jour à 15h24

L’édifice de verre et de béton s’impose au milieu de la rue Antonio-de-Aguiar, attribut assumé de ces grandes fortunes éprises de confort moderne et de sécurité. C’est ici, dans le centre de Lisbonne, face au parc Eduardo-VII que les restaurateurs désignent maladroitement comme le « Central Park » de la capitale portugaise, que l’on devine, au 8e et 9e étage, un duplex de quelque 737 m2, dont près de 150 de terrasse.

Un appartement dont a fait l’acquisition la « princesse », Isabel dos Santos, fille aînée de l’ancien président angolais, José Eduardo dos Santos, avec son époux, l’homme d’affaires et collectionneur congolais, Sindika Dokolo.

Selon les données obtenues grâce aux « Luanda Leaks », révélés par le Consortium international de journalistes d’investigation (ICIJ) dont Le Monde est partenaire avec 35 autres médias, l’achat, pour 3,8 millions d’euros, a été réalisé en deux étapes, en 2006 et 2012. Il s’est fait par le biais d’une société du Delaware, le paradis fiscal américain, représentée par l’avocat portugais Antonio Frutuoso de Melo – qui n’a pas souhaité répondre à nos questions. Si l’acquisition obéit à toutes les règles d’opacité propres aux investissements de celle que l’on désigne comme la femme la plus riche d’Afrique, il ne fait guère de doute qu’Isabel dos Santos est à l’origine de la transaction. Une affaire, qui, dès 2007, attira les soupçons de la justice portugaise et l’intérêt de la presse. En vain.

La BCE mal à l’aise

Ici, on ne connaît pas « cette dame » ou on fait mine d’ignorer son existence. A l’entrée de la résidence, deux domestiques employées dans l’immeuble disent n’avoir jamais croisé la fille de l’homme qui a gouverné l’Angola plus de trente-huit ans. Un vieux monsieur élégant nous le confirme. Tous savent que « la princesse » possède un appartement gigantesque, mais personne ne l’a jamais aperçue ici, ni seule ni en famille. De fait, Isabel dos Santos, 46 ans, à la tête d’une fortune estimée par Forbes à plus de 3 milliards de dollars, n’aime guère résider dans son penthouse. Elle lui préfère une suite de l’Hôtel Ritz-Four Seasons, à un jet de pierres de là.

Depuis une quinzaine d’années, la milliardaire angolaise est, au Portugal, l’ancien pays colonisateur de l’Angola, une figure dont le nom suffit à provoquer l’embarras. « Vedette des investissements », elle a bâti un petit empire dans l’ex-puissance coloniale, devenant actionnaire stratégique, en prenant des positions directes ou indirectes chez les poids lourds de l’économie portugaise. On la retrouve dans le pétrole, chez Galp, dans les télécoms, chez Nos, au sein de la banque EuroBic ou dans le groupe d’énergie Efacec. En 2017, elle a toutefois dû se défaire de sa participation dans la banque portugaise Banco BPI, rachetée par CaixaBank, sous la pression de la Banque centrale européenne, mal à l’aise avec la filiale angolaise. Lire la suite.


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