Paradis fiscaux et judiciaires

Sur la piste de l’argent d’Arafat

jeudi 17 février 2005

Nº2102 SEMAINE DU JEUDI 17 Février 2005

Pour lui, il s’agissait moins de s’enrichir que de conforter son pouvoir

Sur la piste de l’argent d’Arafat

Extraits de l’article de D. Nora sur le site du Nouvel Observateur :

Des centaines de millions de dollars « envolés », des comptes en Suisse, d’étranges gestionnaires anciens agents des services secrets israéliens, des transactions dans des paradis fiscaux. En épluchant des documents officiels mais surtout en rencontrant des hommes clés du dossier, Dominique Nora a pu reconstituer l’une des plus incroyables sagas politico-financières de ces dernières années

Le Fonds monétaire international (FMI), peu coutumier du genre, a affirmé dans un rapport publié en septembre 2003, qu’entre 1994 et 2000, « au moins 898 millions de dollars » avaient quitté les circuits officiels du budget palestinien ! Echappant au contrôle du ministère des Finances, ces sommes ont transité par des comptes bancaires à Jérusalem et Ramallah, aux noms de Yasser Arafat et de son financier Mohamed Rachid. Ensuite, certains capitaux ont été réinvestis via la holding publique PCSC (Palestinian Commercial Services Company), tandis que d’autres s’égaillaient dans divers fonds aux quatre coins de la planète. Le tout, dans la plus complète opacité.

Des gestionnaires israéliens

Où allait l’argent ? Le FMI, dans son rapport, ne s’aventure pas sur ce terrain. Sur la destination d’un tiers de ces fonds, pourtant, un Israélien, Uzrad Lew, est beaucoup plus précis. « Entre 1997 et 2000, Mohamed Rachid a, pour Yasser Arafat, ouvert des comptes dans quatre établissements suisses. Au plus fort de son activité, ce montage baptisé Ledbury gérait 300 millions de dollars », témoigne cet homme d’affaires, issu du renseignement militaire israélien. Il raconte une hallucinante histoire où Rachid confie la gestion de la caisse noire d’Arafat à deux Israéliens. Un roman vrai de comptes offshore, de paradis fiscaux et de dessous de table, qui enrichissent de concert une poignée d’Israéliens et de Palestiniens. On prendrait volontiers Uzrad Lew pour un affabulateur ; Mais voilà : l’ex-agent secret a lui-même tissé une partie de cette toile et croqué de cet argent (voir page 52) !
« Outre Ledbury, Mohamed Rachid contrôlait un important portefeuille de capital-risque et d’actifs immobiliers, détaille Uzrad Lew. Mais il est le seul à avoir eu, à chaque instant, l’ensemble du puzzle financier en main. » Les Israéliens, pourtant, n’ont pu ignorer ces « fuites », orchestrées par l’un des leurs. Les taxes sur le pétrole, prélevées par Israël et reversées aux Palestiniens, ont même, selon le FMI, transité sur un compte aux noms de Rachid et Arafat à l’agence Hashmounim de la banque Leumi à Tel-Aviv ! Pourquoi une telle complaisance avec « l’ennemi » ? « Arafat va faire la paix : il a besoin de cet argent pour contrôler et calmer les terroristes », expliquaient à l’époque les diplomates israéliens à leurs homologues étrangers. Les gouvernements israéliens successifs fermaient les yeux. Avec l’arrière-pensée, peut-être, de se servir un jour de cette histoire pour discréditer Arafat. Du coup, ni Washington ni Bruxelles ne voulaient voir, ni savoir (voir encadré Europe). Comme si l’euphorie des accords de paix d’Oslo avait survécu à l’irruption, fin 2000, du terrorisme meurtrier de la seconde Intifada.

Souha et Zahwa Arafat, les héritières

De 34 ans sa cadette, Souha épouse en secret le chef de l’OLP en 1990 et lui donne une fille, Zahwa, qui a aujourd’hui 9 ans. Issue d’une riche famille chrétienne de Palestine, les Tawil, elle n’a jamais été acceptée par les fedayin, et mène une vie luxueuse dans le 16e arrondissement parisien. Souha est plus familière du palais tunisien des Ben Ali que de la casemate d’Arafat à Ramallah. Elle n’avait pas rendu visite à son mari depuis trois ans, quand elle ressurgit à son chevet en novembre dernier. C’est Mohamed Rachid qui aurait négocié avec elle les termes de l’héritage de Zahwa. De bonne source, Mme Arafat aurait obtenu 22 millions de dollars ainsi qu’une pension mensuelle de 35 000 dollars.

Les autorités françaises, qui avaient ouvert une enquête sur quelque 9 millions d’euros transférés de Suisse sur les comptes parisiens de Souhal’Arab Bank et à la BNP), auraient par ailleurs dégelé cet argent.

Lire la suite de l’article sur le site du Nouvel Observateur.


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