Paradis fiscaux et judiciaires

Imbroglio sur le sort du responsable du naufrage du Sokalique

dimanche 19 août 2007

Imbroglio sur le sort du responsable du naufrage du Sokalique.

18h02 | 19/08/2007 - © Reuters

La justice française a établi formellement l’implication du cargo "Ocean Jasper" dans le naufrage du chalutier français Sokalique vendredi dernier au large d’Ouessant (Finistère), mais les poursuites judiciaires sont incertaines en raison d’obstacles légaux.

La veuve du commandant du Sokalique, Bernard Jobard, mort noyé dans l’accident, ainsi que le syndicat CGT des marins de Brest ont demandé au président Sarkozy d’intervenir pour qu’il permette une sanction contre les responsables présumés de l’affaire.

Les gendarmes maritimes ont poursuivi dimanche les auditions du commandant et des membres de l’équipage de l’Ocean Jasper, qui semble avoir envoyé le chalutier par le fond en quelques minutes en le percutant en pleine nuit. Les six marins de Roscoff qui composaient l’équipage du chalutier ont pu échapper à la mort sur un radeau de survie.

L’Ocean Jasper, vraquier de 90 mètres armé par une société turque, avait initialement poursuivi sa route vers la Turquie, refusant d’entrer en communication, mais a été dérouté sous escorte de la Marine nationale française et immobilisé sur une base militaire de Brest samedi matin.

Dans leurs interrogatoires, le commandant et le second du navire ont confirmé l’existence d’une "collision avec un navire" au moment du naufrage, sans autres précisions sur les circonstances, a déclaré dimanche à Reuters le procureur de Morlaix Laurent Fichot.

"Ils s’agit pour l’instant de dépositions spontanées. Ils seront réinterrogés probablement mardi matin de manière plus approfondie", a dit Laurent Fichot. Les gendarmes ont déjà retrouvé des traces de peinture sur la coque de l’Ocean Jasper et l’incident a été consigné sur son carnet de bord.

IMBROGLIO DIPLOMATIQUE

Qualifiant les premiers interrogatoires de "longs et laborieux" en raison des problèmes de langue, le procureur a indiqué que plusieurs vérifications étaient nécessaires pour déterminer lequel des deux bateaux était prioritaire.

"Un bateau de pêche est a priori prioritaire mais il existe des cas dérogatoires à cette règle pour les bateaux de commerce selon leurs chargements et les manoeuvres qu’ils peuvent effectuer", a t-il déclaré.

Des poursuites pour homicide involontaire et délit de fuite et mise en danger d’autrui ne pourront être engagées que si les îles Kiribati, dont le cargo bat pavillon, donne son accord, car l’accident s’est produit dans les eaux internationales.

Dans le cas contraire, l’Ocean Jasper pourra repartir et ce il reviendra aux autorités du Kiribati de traiter le dossier. Les contacts diplomatiques sont restés pour l’heure infructueux, a dit le procureur.

Le pavillon des Kiribati est considéré comme de "complaisance". Ces immatriculations sont utilisées par le monde de la mer pour contourner la fiscalité et la réglementation plus contraignante des principaux Etats maritimes.

Dans une lettre ouverte, la CGT des marins de Brest a saisi le président de la République en lui demandant d’intervenir pour permettre un procès en France.

"Cette fois encore, nous nous insurgeons devant le fuyard, le lâche qui a abandonné ces sept marins", écrit la CGT des marins, demandant "une sanction exemplaire".

"M. le président de la République, vous devez exiger de l’Etat du pavillon et de l’Organisation maritime internationale que ce capitaine et son second qui assurait la veille lors de l’abordage soient emprisonnés et jugés en France", écrit t-il.

"Ne laissez pas ces voyous des mers ni leurs avocats se réfugier derrière des textes d’un autre temps qui les protègeraient et qui leur permettraient de continuer à tuer d’autres marins sans être importunés", ajoute t-il.

La veuve du commandant du Sokalique a formulé une demande identique. "Il y eu tant et tant de douleur déjà. C’est une question d’argent, l’humain, on en a rien à faire. Ce que je souhaite, c’est de rencontrer le président de la République. Je pense que Nicolas Sarkozy fera bouger les choses", a-t-elle dit sur France info.

© REUTERS

Publié avec l’aimable autorisation de l’Agence Reuters.

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