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Un juge américain refuse de bloquer l’extradition de Noriega vers la France

vendredi 24 août 2007

Amériques

Un juge américain refuse de bloquer l’extradition de Noriega vers la France

AP | 24.08.2007 | 22:30

Un juge fédéral américain a refusé vendredi de s’opposer à l’extradition de l’ancien dictateur du Panama, le général Manuel Noriega, vers la France, où il risque jusqu’à dix ans de prison pour blanchiment de millions de dollars d’argent de la drogue.

Agé de 72 ans, Manuel Noriega doit être libéré le 9 septembre prochain d’une prison de Miami où il a purgé 18 ans de prison pour trafic de drogue et extorsion de fonds.

Cette décision, qui peut encore faire l’objet d’un appel, ouvre la voie à une autre audition, prévue mardi, sur la demande d’extradition elle-même.

Les avocats de Noriega avaient estimé que son statut de prisonnier de guerre américain empêchait son extradition demandée par Paris, en vertu des Conventions de Genève, et réclamé son retour au Panama. Ce qu’a rejetté le juge William Hoeveler.

Dans une décision de 12 pages, le juge a estimé que sa désignation de Noriega comme prisonnier de guerre après sa condamnation pour trafic de drogue n’était pas faite pour "le protéger de toutes autres poursuites pour les crimes graves qu’il est présumé avoir commis".

Au Panama, il a été condamné par contumace à 60 ans de prison pour l’assassinat de deux adversaires politiques, détournement de fonds et corruption.

Les procureurs américains voulaient qu’il soit extradé vers la France, où il a été condamné par contumace en 1999 à dix ans de prison dans une affaire de blanchiment d’argent, et où il serait rejugé.

Un porte-parole du ministère français de la Justice ayant requis l’anonymat a déclaré à l’AP qu’il s’agissait d’une "procédure classique" mais qu’en cas de nouvelle condamnation de Noriega, on ignorait pour l’heure s’il effectuerait sa peine en France ou serait renvoyé au Panama.

Après la mort de son mentor le président panaméen Omar Torrijos, tué dans un accident d’avion en 1981, Manuel Noriega a pris la tête du pays en 1983, se maintenant au pouvoir par des élections truquées. En 1989, il a été renversé par une intervention militaire des Etats-Unis ordonnée par le président George Bush père, s’est réfugié dans l’ambassade du Vatican avant de se rendre.

Transféré à Miami, il a été condamné à 30 ans de prison en 1992 pour trafic de drogue, avant de bénéficier d’une réduction de peine pour bonne conduite.

On a découvert après son renversement qu’il avait travaillé pour la CIA en Amérique latine pendant des années.

Selon un récent sondage effectué pour le quotidien panaméen "La Prensa", 44% des 1.218 personnes interrogées souhaitent que Noriega reste en prison, dans un pays tiers, la France par exemple.

Depuis le renversement du dictateur, capturé par les forces américaines après l’invasion militaire de 1989, le Panama a connu trois élections démocratiques et gagné la souveraineté sur le canal du même nom, qui lui rapporte 1,5 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros) par an.

L’actuel président Martin Torrijos, fils de l’ancien mentor de Noriega, Omar Torrijos, a pris ses distances avec les anciens dirigeants et l’armée a été remplacée par une force de police.

Personne ne semble donc pressé de le voir revenir.

© AP

Publié avec l’aimable autorisation de l’Associated Press.

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