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La justice américaine approuve l’extradition de Noriega vers le France

mardi 28 août 2007

Amériques

La justice américaine approuve l’extradition de Noriega vers le France

AP | 28.08.2007 | 20:05

L’ancien dictateur du Panama Manuel Noriega pourra être extradé vers la France, où il risque dix ans de prison pour blanchiment d’argent de la drogue. C’est ce qu’a décidé mardi un juge fédéral américain, alors que l’ex-général termine de purger sa peine de prison aux Etats-Unis pour trafic de drogue.

A Paris, le ministère français des Affaires étrangères a pris acte de la décision. "Nous attendons désormais la décision qui sera prise par l’administration américaine dans le cadre du traité (d’extradition) franco-américain du 23 avril 1996", a précisé le Quai d’Orsay.

Actuellement détenu dans une prison de Floride, où il finit de purger une peine de 18 ans de prison pour trafic de drogue et extorsion de fonds, Noriega, 73 ans, doit être libéré le 9 septembre.

"Nous allons contester la décision prise par le juge américain" devant la justice américaine, a déclaré son avocat français Olivier Metzner, qui assure qu’il n’y a aucune chance, du fait des recours qui seront engagés, que l’ancien dictateur soit en France le 9 septembre. A cette date, "il ne sera pas en France, il sera encore aux Etats-Unis", a-t-il affirmé.

"C’est une première décision mais il y en aura sans doute d’autres avant que cela ne débouche peut-être sur son extradition", a réagi de son côté Raymond Forni, avocat du Panama en France.

Le général Noriega voulait être renvoyé dans son pays d’origine, mais la semaine dernière un juge fédéral a rejeté l’argument selon lequel il devait être rapatrié au Panama parce qu’il a le statut de prisonnier de guerre aux Etats-Unis.

L’avocat américain de Noriega, Frank Rubino, a annoncé qu’il ferait probablement appel. "Je peux dire à ce tribunal et à tout le monde : ce n’est pas encore fini", a-t-il déclaré.

Noriega avait été jugé et condamné aux Etats-Unis après sa capture par les forces américaines intervenues au Panama en 1989 pour le chasser du pouvoir. La décision du juge William Turnoff mardi constitue une invitation pour le département d’Etat, seul habilité à prendre la décision finale, à l’extrader vers la France.

Le juge fédéral William Hoeveler, qui avait estimé dès son jugement il y a 15 ans que Noriega avait bien le statut de prisonnier de guerre, a précisé vendredi que cela n’empêchait pas pour autant son extradition. L’ancien dictateur affirme qu’en vertu des Conventions de Genève, un prisonnier de guerre doit être rapatrié après la fin des hostilités.

Mais selon le parquet fédéral américain, les prisonniers de guerre accusés de délits criminels doivent en répondre devant la justice américaine ou être transférés vers un pays tiers ayant un accord d’extradition avec les Etats-Unis, ce qui est le cas de la France. "Les droits invoqués par le général Noriega n’existent pas dans les Conventions de Genève", a tranché le juge Turnoff.

Me Rubino s’est interrogé sur les intentions de la France, évoquant un récent article panaméen qui cite un responsable français selon lequel Noriega serait traité comme "criminel ordinaire" plutôt que comme prisonnier de guerre. Ce qui violerait ses droits au sens des Conventions de Genève, a-t-il ajouté.

Mais selon le substitut du procureur Sean Cronin, le gouvernement américain a été satisfait par les assurances françaises, données par voie diplomatique, selon lesquelles Noriega serait traité comme un prisonnier de guerre sur le sol français.

L’ancien homme fort du Panama a été condamné en France à dix ans de prison pour blanchiment d’argent pendant sa détention aux Etats-Unis, mais les autorités françaises ont accepté de le rejuger s’il était extradé, selon des documents soumis à la justice américaine.

Noriega a également été jugé par contumace au Panama où il a été reconnu coupable de détournement de fonds, corruption et meurtre d’opposants politiques, et condamné à 60 ans de prison. La loi panaméenne pourrait lui permettre de ne purger qu’une fraction de cette peine ou même d’obtenir à la place, notamment en vertu de son âge, une assignation à résidence.

Le Panama a lui aussi déposé une demande d’extradition mais n’a pas vraiment donné suite, selon le juge Hoeveler.

© AP

Publié avec l’aimable autorisation de l’Associated Press.

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