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Comment Paris arme l’Égypte dans sa guerre numérique

mercredi 24 novembre 2021 par paradisfj.info

Débats & Reportages

Comment Paris arme l’Égypte dans sa guerre numérique

En Égypte, la moindre parole, le moindre commentaire posté sur les réseaux sociaux peuvent conduire en prison. Pour avoir fourni au régime du maréchal al-Sissi des outils lui permettant d’espionner sa propre population, Paris porte sa part de responsabilité. Des accords aux effets dévastateurs.

Tout ça pour un drapeau. Depuis trois ans et demi, Ahmed Alaa, un jeune Égyptien de 26 ans, traits juvéniles et couronne tatouée dans le cou, vit en exil au Canada. Sa vie a basculé le 22 septembre 2017 au Caire : lors d’un concert de Mashrou’Leila, un groupe de rock alternatif libanais et engagé dont le chanteur est ouvertement gay, il brandit une bannière LGBT arc-en-ciel. Postée sur Facebook, la photo devient virale et fait l’ouverture des talk-shows télévisés, où il apprend qu’il est recherché par la police. Après une semaine de cavale, des officiers en civil l’arrêtent dans un taxi, le jour de son anniversaire. « Ils ont surveillé mon téléphone, mes réseaux sociaux, impossible de leur échapper », explique l’étudiant désemparé. Incarcéré à l’isolement et sans jugement pendant quatre mois, il est accusé par un procureur d’appartenir à « un groupe interdit », mais finit par recouvrer la liberté. « Ils n’avaient aucune raison de m’arrêter, et aucune raison de me libérer », euphémise-t-il encore. À Toronto, il est accueilli par son amie Sarah Hegazi, arrêtée six heures après lui pour le même motif.

Brisée par sa détention arbitraire, marquée par la torture à l’électricité, elle mettra fin à ses jours à l’été 2020. Selon les estimations d’Amnesty International, soixante mille avocats, artistes, militants, blogueurs peuplent les geôles égyptiennes en raison de leurs opinions politiques, de leur engagement citoyen ou de leur orientation sexuelle. La diplomatie française le formule elle-même dans un mémo confidentiel daté d’avril 2018 : l’Égypte n’hésite plus à « criminaliser toute prise de parole non conforme au discours officiel ». Pourtant, la France l’aide à surveiller sa population. Lire la suite.


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