Paradis fiscaux et judiciaires

Trafic d’enfants

vendredi 7 septembre 2007

Trafic d’enfants

La traite humaine, véritable fléau en Amérique centrale.

Des milliers d’adolescentes sont contraintes de se prostituer pour le plaisir des étrangers.

Un récent rapport du département d’État américain sur le tourisme sexuel et la traite des êtres humains rappelle que ce sont les mineurs, et plus encore les mineures, qui sont les plus exposés à cette forme de crime organisé.

Entre 14 000 et 17 500 hommes, femmes et enfants en sont victimes, chaque année, en Amérique centrale. Particulièrement désignés par le rapport, le Costa Rica, le Nicaragua et le Salvador, mais aussi le Guatemala, le Honduras et le Mexique qui figurent sur une " liste de surveillance ". La situation est particulièrement alarmante dans les capitales, aux frontières, dans les lieux touristiques, les ports et les zones proches de campements militaires. Les enquêtes et actions policières aboutissent rarement à des condamnations. Il n’y a pas de moyens financiers pour aider les victimes ni de programmes spécifiques. Elles sont simplement expulsées, mineures ou pas, ce qui les renvoie habituellement dans les mains des trafiquants.

Au Guatemala, l’an dernier, une ONG a détecté 668 adolescentes se prostituant, et plus d’un millier au Honduras. Chiffres sans doute bien en dessous de la réalité. Le Costa Rica, lieu de tourisme écologique prisé par les étrangers, reçoit des gamines venues, contre leur gré, du Nicaragua, de Colombie, de Panama, de la République Dominicaine, de l’Équateur, des Philippines, et même de Russie et autres pays de l’Est.

Une jeune Salvadorienne de quatorze ans s’est rendue à Guatemala City pour travailler dans une cafétéria pour un salaire de 250 dollars mensuels (de quoi faire rêver dans un pays où ils ne dépassent guère les 50 à 70 dollars). Refusant de se prostituer, l’adolescente a été enfermée trois jours, dans une chambre, sans manger. Puis rouée de coups et, enfin, isolée, car, pour éviter qu’on ne les découvre au cours de descentes de police, ces jeunes filles seront seulement " mises à disposition " de personnages influents.

Aux frontières, les " coyotes " (passeurs) sont à l’affût. À ceux et celles qui tentent de rallier les États-Unis et cherchent des papiers, ils proposent leurs services. C’est ainsi que l’on retrouve de jeunes Honduriennes, payant passeport et protection en travaillant dans des lupanars de la région de Veracruz, au Mexique. De l’autre côté de la frontière, à Los Angeles, en avril dernier, un jury fédéral a condamné quatre personnes pour avoir introduit clandestinement douze femmes et adolescentes et les avoir obligées à se prostituer dans un bordel de la ville en paiement de leur dette de passage.

Stimulé par la pauvreté, d’une part, et une demande accrue de sexe et pornographie infantile, d’autre part, ce trafic occupe aujourd’hui dans le monde la troisième place derrière ceux de la drogue et des armes, rapportant, chaque année, quelque 10 milliards de dollars.

Françoise Escarpit

Article paru dans l’édition du 16 juin 2004.

Publié avec l’aimable autorisation du journal l’Humanité.

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