Paradis fiscaux et judiciaires

Ian Berry, le regard d’un vétéran sur les enfants-esclaves du Ghana

vendredi 7 septembre 2007

07/09/2007 12:10

PERPIGNAN (AFP) - Visa pour l’Image : Ian Berry, le regard d’un vétéran sur les enfants-esclaves du Ghana

Devant l’ancien fort de Cape Coast au Ghana où étaient entassés les esclaves au temps de la traite, des enfants sont encore vendus au plus offrant pour pas plus de 20 dollars et une bouteille de whisky.

L’image, inquiétante, et qui fait la couverture du catalogue du festival international Visa pour l’Image qui se tient à Perpignan (sud de la France), a été prise sur les bords du lac Volta par Ian Berry, un vétéran de l’agence Magnum.

Sur ces tirages en noir et blanc effectués à partir de photos couleur, les "enfants jetables", vendus par leurs parents à des pêcheurs, de jeunes garçons déjà usés, le regard éteint, et qui poussent une barque baptisée "no time to play" (pas le temps de jouer).

Les enfants souvent vendus dès l’âge de 4 ou 5 ans, ne reçoivent pas de salaire, ne sont pas scolarisés, sont souvent maltraités, travaillent de longues heures d’affilée et ne peuvent manger que les restes laissés par les adultes.

Agiles de leurs doigts, ils sont employés notamment pour le démêlage et la réparation des filets et pour le tri des poissons.

En quinze jours, Ian Berry, d’origine écossaise, a parcouru les rives du lac Volta et suivi le travail d’un instituteur, George Achibra qui, à l’aide de quelques fonds de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), tente d’aider, voire de racheter ces enfants-esclaves pour les rendre à leurs familles.

Mais au delà du témoignage, Ian Berry, déjà très connu pour deux ouvrages sur l’Afrique du Sud et un portrait du Dublin de James Joyce, s’interroge sur le devenir de ces enfants. "Les familles qui reprennent leurs enfants et qui reçoivent vêtements et nourriture ne sont-elles pas tentées de les revendre pour bénéficier une nouvelle fois d’une aide ?", se demande le photographe.

Le reportage de Ian Berry avait été salué dès l’ouverture du festival par le directeur de la manifestation, Jean-François Leroy qui, dans son langage direct, avait déclaré : "Ian Berry : en voilà un qui sait vous raconter une histoire, c’est un foutu bon travail".

A 73 ans, le photographe a encore de nombreux projets en tête dont le plus important est un travail sur l’eau et son interaction, au sens large, avec l’homme : depuis la construction de barrages en Chine qui entraîne le déplacement de millions de personnes jusqu’aux moussons en Inde en passant par la contamination de puits à l’arsenic au Bangladesh ou, dans ce même pays, le travail de découpe d’anciens navires bourrés d’amiante.

Dans ce projet de longue haleine, il regrette d’avoir raté, pour cause de jambe cassée ou de maladie, deux des plus récentes catastrophes liées à l’eau : le cyclone Katrina à la Nouvelle Orleans et le tsunami de décembre 2004.

© AFP

Publié avec l’aimable autorisation de l’Agence France Presse.

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