Paradis fiscaux et judiciaires

Pas d’impôts, mais des prix de luxe

mercredi 19 septembre 2007

SUPPLÉMENT SPÉCIAL : Pas d’impôts, mais des prix de luxe

Date de parution : Mercredi 19 septembre 2007

Auteur : Yves Genier

Aux îles Caïmans, la vie locale a ses avantages. Le résident moyen gagne 5900 francs par mois mais ne paie pas d’impôts sur le revenu ni sur la fortune. En contrepartie, le coût de la vie est très élevé.

Les résidents caïmans vivent très bien le boom de leur industrie financière largement défiscalisée. Leur produit intérieur brut moyen par tête, 58900 francs, est à peine inférieur à celui des Suisses et leur quelque 60000 francs. Le ménage moyen vit dans sa maison particulière, dont les prix ne sont guère éloignés de ceux de la région lémanique. Il gagne 4000 dollars caïmans (5900 francs) par mois mais ne paye pas d’impôts sur le revenu ni sur la fortune.

Modèle américain

Cela n’empêche pas les infrastructures d’être entretenues correctement. L’eau est dessalée jusqu’à en être potable, les écoles sont de niveau honorable jusqu’au niveau bachelor, les voitures se glissent dans tous les interstices de la vie quotidienne. Elles s’agglutinent dans les embouteillages aux heures de pointe et remodèlent l’urbanisme local suivant le modèle américain. Le modeste « downtown » de George Town, constitué de bas immeubles commerciaux et administratifs en verre et acier, se vide le soir. La vie se disperse dans les « suburbs » de villas, dans les grands hôtels de Seven-Mile-Beach ou l’unique cinéma. Kirk’s, le seul supermarché, fait le plein de clients le samedi comme partout ailleurs. Pour lutter contre un climat tropical étouffant, tous les bureaux,
tous les commerces, toutes les résidences et toutes les automobiles sont climatisés.

Coût de la vie très élevé

Pour financer ses infrastructures, le gouvernement local ne compte que sur deux ressources : les taxes à l’importation aux taux de 20%, et les émoluments administratifs. En contrepartie, le coût de la vie est très élevé. « Les prix affichés dans les commerces ou au restaurant sont les mêmes qu’en Suisse, mais libellés en dollars caïmans. Or, il faut 1,48 franc pour un dollar », relève Tanja Ebanks, une Bernoise établie sur l’île de Grand Cayman depuis 2005.
Sans ressources naturelles, agricoles ou manufacturières propres, le territoire importe la quasi-totalité de ce qu’il consomme, des imprimantes de bureau au gravier de construction, ce qui élève encore les prix. Le modeste môle du port commercial de George Town est le centre d’une noria de cargos arrivant chargés et repartant vides.

Mesures protectionnistes

Le succès économique a son revers. Le taux élevé de créations d’emplois a attiré une forte population étrangère, plus d’un habitant sur deux. La réaction des nationaux a forcé le gouvernement local à introduire des mesures protectionnistes bien à l’opposé de la large ouverture de sa politique financière. Les entreprises ont l’obligation d’embaucher en priorité des résidents locaux. Toute demande de permis de travail est scrutée à la loupe, quoique dans un état d’esprit décrit comme accommodant. Les travailleurs étrangers - de l’expert-comptable britannique à la femme de ménage philippine en passant par l’ouvrier jamaïcain - se voient conférer un droit de séjour limité à sept ans. A l’exception des cadres dirigeants, chacun doit repartir avant ce délai. Et si l’étranger veut revenir, il doit passer au préalable un examen de culture générale sur les îles Caïmans, comme dans une procédure de naturalisation.

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