Paradis fiscaux et judiciaires

Pérou : l’ex président Alberto Fujimori extradé du Chili

samedi 22 septembre 2007

22/09/2007 12:44

LIMA (AFP) - Pérou : l’ex président Alberto Fujimori extradé du Chili

L’avion devant emmener au Pérou l’ex-président péruvien Alberto Fujimori, extradé du Chili conformément à une décision vendredi de la Cour suprême de ce pays, est arrivé dans la nuit à Santiago..

M. Fujimori est passible à son retour au Pérou de 30 ans de prison pour atteintes aux droits de l’Homme pendant la lutte contre la guérilla maoïste du Sentier lumineux. Un Antonov de la police péruvienne était parti le chercher au Chili dans la nuit de vendredi à samedi avec à son bord une équipe médicale et des policiers d’interpol. L’appareil devrait regagner Lima samedi en milieu de journée.

Après avoir passé 22 mois au Chili, l’ex-chef de l’Etat péruvien (1990-2000) doit faire face au Pérou à un procès dans lequel il risque dix ans de prison pour des cas de corruption et trente ans pour des violations des droits de l’Homme. La Cour suprême du Chili avait décidé vendredi de l’extrader.

L’ex-président péruvien Alberto Fujimori, qui a perdu une longue bataille juridique pour éviter l’extradition, est attendu samedi au Pérou où il est passible de 30 ans de prison pour atteintes aux droits de l’Homme pendant la lutte contre la guérilla maoïste du Sentier lumineux. Après sept ans d’absence, l’ancien homme fort du Pérou est finalement rattrapé par son passé avec la décision vendredi de la Cour suprême du Chili de l’extrader au Pérou, la justice de son pays l’accusant de corruption et de violation des droits de l’Homme.

L’ancien homme fort du Pérou pourrait être transféré dans une caserne de la police à Vitarte, à 15 km à l’est de la capitale. Sa fille, la députée Keiko Fujimori, a appelé au cours de la nuit de vendredi à samedi les sympathisants de l’ex-chef de l’Etat à manifester à son arrivée à l’aéroport pour lui souhaiter la bienvenue.

Le retour d’Alberto Fujimori apparaît aussi comme un cadeau empoisonné fait à l’actuel président Alan Garcia. N’ayant pas de majorité au parlement, l’APRA, le parti gouvernemental, a dû s’allier avec les 13 députés de l’Alliance pour l’avenir, la formation politique de M. Fujimori.

Selon les analystes, la détention de l’ancien chef de l’Etat mettra à l’épreuve le soutien apporté par les députés fujimoristes au gouvernement d’autant plus que M. Fujimori bénéficie encore d’une certaine popularité dans les couches les plus pauvres du pays, notamment chez les paysans des zones rurales des Andes.

L’ancien homme fort du Pérou est accusé par la justice d’avoir ordonné la formation d’escadrons de la mort, composés de militaires, ou couvert leurs activités. Ces escadrons de la mort appartenant au "grupo colina" ont participé à deux massacres dont le bilan s’était élevé à quinze morts en 1991 et 1992. Parmi les victimes figuraient des femmes, des étudiants, un professeur et un enfant.

Ayant dirigé le pays d’une main de fer, M Fujimori avait envoyé dans les années quatre-vingt-dix l’armée combattre la guérilla maoïste, une longue guerre qui a fait 70.000 morts et disparus, d’après les organisations des droits de l’Homme. Dans les dossiers sur les atteintes aux droits de l’Homme, l’accusation devra prouver que l’ancien président a eu un lien avec les escadrons de la mort.

La justice péruvienne veut mener rondement le procès, en bouclant l’affaire en quelques mois, tandis que les avocats de M. Fujimori vont essayer de jouer la montre afin de retarder le verdict aussi longtemps que possible. En effet, âgé de 69 ans, M. Fujimori pourrait échapper à la prison s’il venait à être condamné après ses 70 ans. La législation locale accordant des remises de peine à cet âge et autorisant les condamnés à purger leur peine à leur domicile.

Considéré comme un fin calculateur, l’ex-président a confié à la presse au Chili que, si la Cour suprême avait bien accepté son extradition, elle avait aussi éliminé de nombreux dossiers à son encontre. Il a expliqué que sa défense en serait facilitée et qu’il pourrait mieux se concentrer sur les accusations restantes.

© AFP

Publié avec l’aimable autorisation de l’Agence France Presse.

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