vendredi 4 avril 2025 - 08:15:18 UTC 448 mots
Paris, 4 avr 2025 (AFP) - Le juge d’instruction financier chargé de l’information judiciaire ouverte à Paris en 2010 sur les « biens mal acquis » en France de la famille Bongo, à la tête du Gabon pendant des décennies, a signifié le 28 mars la fin des investigations, a appris l’AFP vendredi de sources proches du dossier.
Le Parquet national financier (PNF) doit désormais prendre ses réquisitions avant la décision finale sur un procès du magistrat instructeur.
Le dossier fait l’objet de 24 mises en examen, parmi lesquelles onze enfants de la famille Bongo, dont Pascaline, la banque BNP Paribas, mais aussi l’ex-miss France Sonia Rolland, un notaire, un avocat… Un des mis en cause est décédé.
L’Etat gabonais a obtenu d’être partie civile.
Dans ce dossier foisonnant et ancien, plusieurs membres de la famille Bongo sont suspectés d’avoir bénéficié d’un important patrimoine immobilier « frauduleusement » acquis et un temps évalué par la justice "à 85 millions d’euros".
Les biens sont soupçonnés d’avoir été acquis grâce à l’argent de la « Françafrique », un puissant système de corruption, de cooptation politique et de chasses gardées commerciales entre Paris et ses anciennes colonies du continent, qui a notamment donné lieu à l’« affaire Elf » en France.
En défense, plusieurs descendants ont contesté connaître l’origine frauduleuse des fonds ou argué de leur jeune âge au moment de l’acquisition des biens.
En août 2023, le renversement par des militaires du président Ali Bongo Ondimba, actuellement à Libreville, est venu remettre en cause son immunité de chef d’Etat et le menacer d’être à son tour poursuivi, mais « il n’est pas mis en examen à ce stade », a indiqué une source judiciaire à l’AFP.
Au total, environ 70 millions d’euros de biens ont été saisis, indiquait fin 2023 une source judiciaire, notamment des propriétés dans des coins huppés de Paris, en Provence ou sur la Côte d’Azur.
La banque BNP Paribas, elle, a été mise en examen en août 2021 pour « au moins 35 millions d’euros » de blanchiment allégué.
L’ex-miss France 2000, Sonia Rolland, est quant à elle poursuivie pour avoir reçu en 2003 un appartement parisien d’Edith Bongo, épouse d’Omar Bongo.
Après la condamnation, définitive depuis 2021, de Teodorin Obiang dans le volet équato-guinéen, d’autres volets africains du dossier sont à ce jour moins avancés, notamment celui congolais.
Sollicités, plusieurs avocats d’enfants Bongo n’ont pas répondu à l’AFP.
« On est certains que tout le clan Bongo et ses complices prestataires français vont être jugés, il va y avoir un procès, on peut l’espérer à l’horizon 2026 », a réagi Me William Bourdon, avocat de l’association anti-corruption Transparency International, à l’origine de cette procédure via une plainte en mai 2007.
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