Les Pays-Bas, discret paradis des groupes français
Massimo Prandi / Journaliste | Le 31/10 à 11:07
Pas besoin de chercher bien loin un pays où la fiscalité est à la fois légère, stable et favorable à l’innovation : direction Amsterdam, Utrecht ou La Haye, où se retrouvent nombre de filiales de grandes entreprises hexagonales. Une enquête Enjeux Les Echos, Novembre 2014.
La météo n’est pas des plus engageantes, la langue et la cuisine non plus. Les cadres et dirigeants des entreprises françaises installés aux Pays-Bas le répètent à l’envi. Pourtant, ce plat pays de 17 millions d’habitants attire les sociétés hexagonales depuis bien plus longtemps que l’Irlande ou la Belgique. Leurs filiales y dépasseraient le millier, dont une écrasante majorité issue de grands groupes. Certains poids lourds n’ont pas hésité à y placer leurs sièges sociaux, comme Gemalto, Airbus Group et Louis Dreyfus. D’autres y ont bâti de solides rampes de lancement à l’international, tels l’Alliance Renault-Nissan, Capgemini, Thales, Altran et Cartier. D’autres encore, à la manière de Danone, y installent une partie de leur R&D. Il y a moins d’un an, ce groupe a créé à Utrecht son centre mondial de recherche en alimentation infantile et médicale, fort de 400 spécialistes.
De Bongrain à Décathlon
Pas une grande ville néerlandaise qui n’accueille une de ces filiales. Bongrain est à Breda, Air Liquide et Bonduelle à Eindhoven, Danone à Utrecht, GDF Holding à Zoetermeer, dans la grande banlieue de La Haye, Total à La Haye même, Airbus Group à Leyde, Louis Dreyfus, ArcelorMittal, Bureau Veritas et Geodis à Rotterdam, Faurecia Netherlands Holding à Sittard, Limagrain Nederland Holding à Rilland, et Thales à Hengelo. Sans compter la région d’Amsterdam, avec ses deux gros centres des affaires d’Amstelveen et de l’aéroport international de Schiphol. La capitale néerlandaise héberge Renault, Altran, Publicis, Accor, Arkema, Cartier, Gemalto, Unibail-Rodamco et Decathlon. Si les filiales opérationnelles sont nombreuses, elles rivalisent en quantité avec les structures de holding et de financement, confie le responsable clientèle « multinationales » d’un établissement financier français.
12 000 milliards d’euros
En dépit de cette présence massive, les sociétés françaises font preuve d’une discrétion étonnante. « Les Français qui travaillent dans les filiales néerlandaises de sociétés hexagonales se font tout petits », déplore un membre du staff diplomatique.
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