Un patron français avoue des pots-de-vin en Afrique : « Un sport national… »

Mercredi 18 janvier 2017 — Dernier ajout jeudi 25 octobre 2018

Un patron français avoue des pots-de-vin en Afrique : « Un sport national… »

EXCLUSIF. Un chef d’entreprise a reconnu avoir corrompu des cadres de la Société nationale des Pétroles du Congo, dont l’un des dirigeants est le fils du président Sassou Nguesso.

Mathieu Delahousse Publié le 18 janvier 2017 à 18h38

Ce n’est pas tous les jours qu’un chef d’entreprise avoue à voix haute qu’il a cédé à la corruption pour obtenir des marchés. Il est plus exceptionnel encore que le détail des versements soit connu au centime près et que la justice s’empare de l’affaire pour tenter de lever le voile sur les arrière-cuisines de marchés passés avec une entreprise publique africaine. C’est rare, mais c’est arrivé. Et le 13 septembre dernier, dans une salle d’audience déserte du palais de justice de Paris, un corrupteur a parlé.

[…] Son client, la Société nationale des Pétroles du Congo (SNPC), n’est pas une banale entreprise. Elle gère une production de 35.000 barils d’or noir par jour. Et Denis Christel Sassou Nguesso, le fils du président en exercice, surnommé dans le pays « Kiki le pétrolier », est le PDG de sa filiale de distribution.

[…] Les dérives découvertes par Tracfin, l’organisme antiblanchiment du ministère des Finances, montrent que sa société arrosait sans raison apparente une dizaine de salariés ou de proches de la société pétrolière : 27.600 euros pour l’un des responsables du service comptabilité, 5.500 euros à un autre, 6.000 euros pour un autre encore, et même 18.000 euros pour l’épouse de ce dernier, par ailleurs également salariée de la SNPC… Au total, 68.100 euros jusqu’en 2014.

Le corrupteur n’avait pas pris la précaution du cash. Il avait effectué des… virements. Lire la suite.

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