Par Serge Enderlin (envoyé spécial à Lugano (canton du Tessin, Suisse) et Londres) Publié aujourd’hui à 05h00, mis à jour à 17h11
C’est vraiment l’Est. Voulues par Staline en 1929, les gigantesques aciéries de Magnitogorsk, en Russie, produisent de copieux bénéfices, presque au service d’un seul homme, Viktor Rachnikov, l’un des barons russes de l’acier. Il a redressé l’usine, sortie exsangue de l’effondrement soviétique, pour la transformer en championne de l’exportation.
A l’interphone de MMK Trading, personne ne répond. Mais, au téléphone, une voix à l’accent russe raccroche brutalement après avoir pris connaissance de notre intérêt pour les activités locales de la firme. C’est pourtant bel et bien ici que Viktor Rachnikov avait installé ses activités (et sa famille) avant la guerre. L’homme pesait 10 milliards d’euros, possédait trois résidences en Suisse, et un yacht de 300 millions, avec pas moins de six piscines à bord. Dans le village de Porza, sur les luxueuses hauteurs de Lugano, une fonctionnaire affirme que « la famille Rachnikov a officiellement quitté la commune ». De même, les oligarques Andreï Melnitchenko et Alexeï Mordachov, eux aussi à la tête de conglomérats métallurgiques, n’ont plus été aperçus dans la cité tessinoise depuis le début de la guerre. Lire la suite.