Le joaillier genevois et la fille de l’ancien président angolais
L’État angolais a racheté en 2012 la marque de luxe suisse De Grisogono. Mais c’est Isabel dos Santos qui a hérité de la gestion. Catastrophique.
Par notre correspondant à Genève, Ian Hamel Publié le 20/01/2020 à 16:40 | Le Point.fr
Au moment où le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) accuse, documents à l’appui, la « princesse » Isabel dos Santos d’avoir « siphonné les caisses de l’Angola », la presse helvétique se penche sur les malheurs de l’un des fleurons de l’industrie suisse du luxe, la marque genevoise De Grisogono. Peu connue du grand public, elle a longtemps incarné l’extravagance des hyper riches, oligarques russes ou princes saoudiens qui se bousculaient pour acheter ses bijoux à prix d’or. « Chaque année, ses fêtes au Festival de Cannes attiraient stars de cinéma, paparazzis et top-modèles en décolleté paradant entre les présentoirs », rappelle La Tribune de Genève. Le problème, c’est que son talentueux fondateur, en 1993, l’Italo-Libanais Fawaz Gruosi, n’a jamais été un gestionnaire. De Grisogono perd de l’argent.
Rachat par une société maltaise
En 2012, Sodiam, la société publique angolaise de commercialisation des diamants, rachète De Grisogono pour 25,7 millions de francs suisses (23 millions d’euros). Comme Le Point Afrique le révélait en 2017, ce rachat passe par une structure à Malte. Et qui découvre-t-on derrière Victoria Holding Limited ? Sindika Dokolo, le mari d’Isabel dos Santos, la fille de José Eduardo dos Santos, le président de l’Angola de 1979 à 2017. Officiellement, la « princesse de Luanda » ne joue aucun rôle dans cette affaire. Mais dans les faits, elle est devenue la patronne de la marque de luxe. Le problème, c’est que ses ambitions sont démesurées, alors que ses compétences en matière de joaillerie sont quasi nulles. Lire la suite.